samedi 10 septembre 2022

3000 km •Escal'A2roues•

C'est en poussant les vélos dans ces galets du Pamir que l'on a passé les 3000km... glorieux non ?! 

Au moins, on use un peu moins les pédales ! 

lundi 15 août 2022

Trois mois sur la route •Escal'A2roues#29•

Un troisième mois sur la route c'est :

◇ 8 pays 🇮🇹 🇬🇷 🇹🇷 🇬🇪 🇦🇲 🇰🇿 🇺🇿 🇹🇯


◇ 3102 km 🚲

◇ De belles rencontres encore et toujours 🙋🏽‍♀️

◇ 1 maximum à 62 degrés 🥵


◇ 1 minimum à -2 degrés 🥶


◇ De chouettes découvertes 🕌 

◇ 2 mers 🌊  1 désert 🏜 des montagnes 🏔


◇ Des paysages magiques 🏞


◇ 1 avion ✈  6 trains 🚂 5 taxis 🚕


◇ 3 cols à plus de 4000 mètres d'altitude ⏲


◇ Des bivouacs trop canons 🏕 


◇ 1 sauvetage de chien 🐕

◇ Des journées raplapla 🤒


◇ Des petits dessins ✏
◇  Trois gouttes de pluie ☔
◇ 92 litres d'eau à filtrer 🍼
◇  29 journées en tongs 

Pas de demie-mesure pour l'être humain...•Escal'A2roues#28•

Sauter ces frontières, passer d'un pays à un autre et d'une civilisation à ses voisines me renvoie à ce constat :

C'est assez fou comme l'Humain ne fait pas dans la demie-mesure. 

C'est tout ou rien. Il adore ou il déteste, bon ou mauvais, virevoltant d'un extrême à un autre, constamment... non sans être influencé par les "bonnes manières", les "règles de conduite" et une "pseudo morale" sortie d'on ne sait où. 

En l'espace de quelques kilomètres, tout change brutalement. On ne parle plus la même langue, on n'utilise pas la même monnaie, les maisons sont bâties différemment, on achète des véhicules différents, on ne boit pas et on ne mange pas les mêmes choses, on croit en un dieu autre... sans transition aucune. 

Si souvent, on nous interpelle, on nous accueille très chaleureusement, on nous invite, on nous offre à boire ou à manger et quand ce n'est pas le cas... on nous ignore littéralement : pas un bonjour, pas un sourire, pas même un regard parfois... rien, nada, nieto !

Quand bien même dans la froideur, on se déciderait à nous parler, à la simple évocation du mot "France" et là encore ça peut changer du tout au tout ! On nous aime ! C'est d'autant plus vrai encore, ici, en Arménie. La France... Nous sommes pourtant en tout premier lieu de la même espèce... Humain. 

De "je t'admire" à "même pas je ne te calcule", il n'y a, semble-t-il, pas tant de degrés intermédiaires. En somme, il n'y a qu'un pas, c'est dire si ces extrêmes ne sont finalement pas si extrêmement éloignés ! 

Au volant, le constat est d'autant plus évident... Soit on te frôle et on manque de justesse de t'applatir, soit on te fait des grands signes sonores ou visuels, souvent les deux,  pour te saluer, t'encourager et on s'écarte démesurément... 

De ces femmes si peu présentes et qui réapparaissent subitement. De l'ombre profonde à la lumière peut-être excessive. Des djellabas où rare sont les bouts de peau qui dépassent aux images de corps dénudés placardés sur certains murs. Aux multiples salons de beauté qui offrent des ongles colorés démesurément longs, aux chevelures bien cachées sous les voiles et aux salons de coiffure où toutes ces nanas avec des papillotes en aluminium sur le crâne attendent que la chimie fasse effet. Quand ce n'est pas la chirurgie pour d'autres...

Du corps à cacher au corps objet... Et sinon, on pourrait pas juste faire simple ? 

De ces cafés dépouillés et calmes, exclusivement masculins, où les hommes chapelets à la main regardent le temps filer à ces bars bruyants où des pin-ups servent des breuvages à ces pourtant "mêmes" mâles... ah non, pas exactement les mêmes... histoire de religion, parait-il. 

Et qui dit que ces derniers ne les négligent pas autant si ce n'est plus ?

Et qui du plus lourdot, celui qui t'ignore complètement parce que tu es une moins que rien ou celui qui te pose sa main aux fesses, rien de moins ? 

A propos de verres, évoquons leurs contenus et la nature des liquides. Là aussi, c'est intéressant. Boire, en voilà un point commun à l'humanité. Avec modération, disent même certains hypocritement... 

Des pays musulmans où l'on sirote du thé en quantités démesurées à longueur de journée et où si l'alcool est pourtant présent, il en reste néanmoins tabou. Comment expliquer qu'il faille faire le tour d'une ville entière pour dénicher une canette de bière dans LE magasin officiel de boissons alcoolisées que probablement tout le monde sait situer mais que personne n'ose indiquer clairement ? Comment se fait-il que personne n'achète de bière, que personne n'en boive mais que les fossés de bord de routes soient remplis de bouteilles de bières... vides. 

Oui oui, à vélo, on voit tout ;) 

Pour vivre heureux, vivons cachés. Buvons la nuit en bagnole et balançons les bouteilles par la fenêtre ! 

A quelques pas de là, quelques kilomètres plus à l'Est, les bouteilles d'alcool en tout genre sont exposées tel des trophés dans les vitrines des supermarchés. C'est à croire que ces gens-là mangent plus liquide que solide. Vodka en tête de gondole, si tu ne bois pas, tu n'es pas un homme ! 

Merde alors... Chez vos voisins, on était des mécréants ! 

Être obligé de boire jusqu'à tomber raide ? Les traditions, nous dira-t-on... ah bon, alors... 

On trinque aux rencontres, à la paix, à la bonne santé, à l'argent, aux enfants, aux morts à la guerre, aux voisins, au soleil, aux récoltes, et puis quand on manque d'idée... aux femmes : ça n'en finit jamais ! 

Comment déjouer le piège ? 

Pour t'en sortir vivant, vide trois verres sur cinq sur tes pieds ! Aucune civilisation ne semble voir d'un mauvais œil celui qui finit la soirée les pieds mouillés ! ... Bien que, ce soit encore à vérifier. 

Que dire encore de ces petits villages isolés, de ces longues pistes défoncées pour y accéder, de ces maisons au sol de terre battue, de ces rues boueuses et bouseuses, de ces gens qui vivent de la manière la plus basique qui soit, sans eau courante et avec tout juste un peu d'électricité. Travailler la terre pour manger, souvent ne pas vivre bien vieux... 2000 mètres d'altitude, l'hiver ça doit être rude. 

Quelques kilomètres à peine à vol d'oiseau, juste sur l'autre versant de la même montagne : une station de ski.

Hôtels de luxe, remontées mécaniques, belles bagnoles, économie du loisir et du superflu. 

Une dame à quatre pattes, devant le cinéma, un petit couteau à la main, en train de racler un peu de terre entre deux pavés et de couper trois pauvres brins d'herbe qui y poussent. Ça fait désordre un peu de verdure sur ce béton. 

Tout le monde sur son téléphone, dans sa voiture, pressé par le temps, guidé par l'argent, pris dans le flot. 

Décidément, pas de demie-mesure pour l'être humain.

dimanche 24 juillet 2022

Transkazakhien, terminus Ouzbékistan •Escal'A2roues#28•

Environ 41 h et 2229 km parcourus sur les rails à travers le Kazakhstan pour rejoindre l'Ouzbékistan... (...pour ceux qui auraient lâché l'affaire du casse-tête Kazaque de l'articleprécédent!) 


5 jours de voyage en train, ça peut paraître un peu long et ennuyeux mais détrompez-vous, en chemin, on vit des choses très chouettes ! 


On a tout d'abord tout son temps pour apprécier le paysage. A la fenêtre, c'est toujours le même : désert à perte de vue. C'est à croire qu'on aime les choses monotones. Tout comme la forêt de Sibérie enneigée ce n'est pas très varié : du sable et un peu d'herbe sèche, parfois un lac de sel asséché et de temps en temps quelques chameaux qui bronzent... 


On a aussi le loisir de bouquiner à volonté. Une liseuse pour deux, parfois l'un doit faire la lecture à l'autre.
Guy de St Cyr et ses histoires à coucher dehors nous tiennent en haleine. Un vulcanologue se baladant entre des coulées de lave rouge,inhalant toutes sortes de gaz toxiques, jouant entre les projectiles brûlant, il n'en faut pas moins pour réchauffer l'atmosphère quand il ne fait de 48 degrés dehors ! 


Dans le train, on fait aussi de belles rencontres. 
Un "wagon lits" en 3ème classe, ça veut dire être à soixante personnes dans la même chambre à coucher et à soixante personnes dans la même salle à manger ou le même salon ! C'est convivial !


C'est un peu comme la promiscuité d'un refuge mais là tu y restes nuit et jour.
Le prodovnic tente de faire régner l'ordre et se contorsionne dans tous les sens pour passer le coup de balai quotidien entre les bagages et les pieds de chacun. Quel job ! 

Le "samovar" tourne à plein régime fournissant de l'eau bouillante à tous les voyageurs. L'odeur de soupe chinoise lyophilisée embaume tout le wagon. 


Bonbons, beignets, melon, épis de maïs, thé, bouteille d'eau fraîche, lait de chamelle... Miam ! 

On reçoit des cadeaux gustatifs et nos estomacs sont plutôt ravis ! On est encore pas très au point sur les ravitos... 

"Rarkmed" à tous et une fois encore Google Trad pour les échanges ! 


On dort aussi, bien calés dans les couchettes. Comme tous les trajets sont longs, tous les trains ou presque proposent des couchettes et non des sièges.


Lorsqu'on embarque dans un train sans billet, ça se passe comme ça :
 

Et la nuit c'est dans le rak à bagages que ça se passe ! C'est pas bien large mais quand on est pas épais, ça peut fonctionner ! Du coup j'ai laissé ma place ! 


On fait des petits dessins même si parfois ça bouge beaucoup trop ! Le "Tremblotant style", ça a son charme non ? 



On écoute des podcasts sur tout plein de sujets divers et variés. Entre autres l'histoire de deux cyclovoyageurs qui sont partis d'Alaska pour rejoindre la Patagonie en plus de 2 ans et demi. On partage ! 



A chaque escale, on découvre des choses incroyables : 

* Une mer avec davantage de serpents qui nagent que de baigneurs. La mer Caspienne nous rafraichira à peine ! 


* En pleine nuit, une station service d'autoroute peut faire office de formidable terrain de camping. 


* Se lier d'amitié avec un chameau, c'est cadeau ! Ainsi, ce dernier nous expliquera pourquoi certains de ses copains n'ont qu'une seule bosse sur leur dos.
Croisements effectués entre chameaux et dromadaires pour avoir un rapport optimal pelage (pour les basses températures hivernales et pour le lainage) et production de lait. 


* Qu'au milieu du désert, l'eau peut couler à flot et qu'on peut y jouer comme des enfants ! 



* Improvisation musicale dans un jardin public.


* Contemplation d'un bien triste spectacle : une mer quasiment entièrement asséchée par le détournement successif de deux grands fleuves, utilisés aujourd'hui pour l'irrigation des cultures intensives de coton.




Plus d'eau pour les poissons de la mer d'Aral, plus de poissons pour les pêcheurs de la mer d'Aral, plus de pêcheurs pour les bateaux de la mer d'Aral...
Cimetière marin. 



* Devenir les invités d'un jour ! Petit dej' et visite guidée à Aralsk... What else ?


* Découvrir comment se faire refouler d'un train peut se transformer en une histoire de fou ! (Article précédent) 

* Déguster des Samsa, chaussons, cuits collés aux paroi de fours en terre sèche.



 Quel labeur pour leur fabrication, le nez dans le four alors qu'il fait si chaud dehors. Les décoller des parois brûlantes sans les faire tomber est tout un art pour lequel il faut manier baguette en métal et épuisette avec brio ! 


* Rencontrer en Ouzbékistan nos toutes premières pistes cyclables depuis le début du voyage. Comme quoi ! 
Bon... Pour les jonctions à chaque intersection mieux vaut savoir lever la roue avant ! 


* Déambuler dans le bazar local...










* Rester scotchés devant des monuments grandioses et éblouissants de par leurs couleurs, leurs architectures et leurs histoires. Turkestan, la petite sœur et Samarcande la magnifique ! 










Ce soir là, on aurait pu rester des heures à admirer ce mausolée à la lumière des projecteurs.

Quel spectacle ! 


Il est temps à présent de se remettre en selle et de prendre un peu de hauteur. 

Après touts ces jours dans la civilisation, aussi riches soient ils, je crois qu'on a tous les deux comme une envie qui se précise de fuir la chaleur, retrouver des contrées un peu plus sauvages, revoir des montagnes et bivouaquer où bon nous semble. 


La route continue toujours plus à l'Est... Une fois encore la prochaine destination se termine en "stan", alors ? 

Le pedalistan a encore de belles choses à nous offrir !