mardi 28 juin 2022

1000km pour les gambettes ! •Escal'A2roues•

 

Cap ou pas cap(padoce) ? •Escal'A2roues#18•

Quelques jours pluvieux nous mènent jusqu'aux portes de la Cappadoce. L'avantage de pédaler sous la pluie, c'est qu'on ne meurt pas de chaud, surtout quand les poids lourds nous arrosent à chaque flaque !

L'inconvénient, c'est que sous ma capuche enfoncée jusqu'au bout du nez, je n'y vois pas grand chose et que je rate donc la sortie d'autoroute.

Heureusement, après quelques kilomètres à pédaler seule sur la bande d'arrêt d'urgence, Bruno qui a fini par s'inquiéter (si, si, ça peut arriver !) de ne pas me voir arriver parvient à me rattraper : 

"Demi-tour ! La Cappadoce, c'est par là bas !" 

Les pauses dans les cafés pour se faire un peu sécher autour d'un thé chaud sont toujours les bienvenues. Station-services en état ou non, nous offre aussi un toit le temps de laisser passer le déluge. 



Peu dans le paradis géologique qu'est la Cappadoce. Canyons, cheminées de fée, falaises de sable, habitats troglodytes... je ne vais pas vous faire un dessin (quoique, je pourrais essayer !), les photos parleront d'elles mêmes. C'est magnifique ! 




Dans ce parc national, point de réglementation, pas d'interdiction, pas d'accès payant ou je ne sais quoi... C'est bien appréciable de pouvoir se balader librement, de faire du vélo au milieu de ces tours de sable et dans ces petits canyons, de bivouaquer dans un cadre de rêve et même de grimper où bon nous semble, qui plus est, sans corde ! 


L'envers du décor, c'est que si tout le monde peut faire ce qu'il veut, c'est vite la foire à la saucisse. L'activité principale des beaufs, venus de tout horizon en vacances, semblent être la balade en quad. Imaginez-vous des centaines de quads qui se suivent à la queuleuleu au milieu de ce cadre idyllique ! Le moniteur devant et tous les pinpins derrière : la cata !

Évidemment c'est bruyant, c'est moche, ça pue, ça défonce les chemins et puis c'est dangereux pour les cyclistes qu'ils manquent d'applatir de justesse sur leurs passages ! 
Heureusement comme la tendance est  de tous faire la même chose au même moment, quand l'heure de l'excursion en quad est passée, tout redevient désert, calme et magique ! 
On est seul au monde ! Comme quoi les p'tits moutons, ça a du bon... 




On ne pourrait vous parler de Cappadoce sans vous parler de cette explosion de montgolfières qui a lieu tous les matins au lever du jour. Un ballet de couleurs dans le jour naissant.


Des dizaines de ballons qui flottent dans un ciel éclairé par les tout premiers rayons du soleil. Ça monte, ça descend, ça se gonfle et se dégonfle. 
Tout se déroule si vite que cela donne un véritable caractère éphémère au spectacle. 
On se sent presque chanceux d'avoir ouvert l'œil à 4h30, éveillés par le ronflement des moteurs de ventilateurs et d'avoir pu apercevoir les toutes premières flammes emprisonnées dans ces immenses bouts de tissu. Telles des lucioles, les premières lanternes se gonflent d'air chaud et s'élèvent lentement : le défilé peut commencer.
La nuée se déplace, se densifie, se disperse. Très vite, il y en a dans tous les coins du ciel et déjà trop pour pouvoir les dénombrer alors on profite de ce spectacle incroyable qui s'offre à nous dans ces paysages splendides. 






A 6h30 du matin, tout est déjà replié et rangé. C'est à s'en frotter les yeux et à se demander si finalement on n'a pas simplement rêvé ! 
Et si le monde appartenait à ceux qui se lèvent tôt ?...





Alors oui, les places dans les paniers d'osier semblent demander un petit budget, le voyage dans les airs de courte durée, un diplôme et une coupe de champagne sont délivrés aux touristes volants à l'arrivée (!!). Ils repartent ensuite dans leur hôtel, dans le même minibus pour prendre probablement le même petit déjeuner !
Bref, ce commerce de la montgolfière florissant, c'est très certainement la "beauf attitude" qui a encore une fois frappé mais quand même... 
Cap ou pas cap(padoce) de voyager en Turquie sans venir profiter de cet incroyable spectacle ?

Vie de chienne •Escal'A2roues#17•


Bien des gens nous renvoient nos saluts lorsque nous pédalons. Souvent leur enthousiasme se manifeste par un coup de klaxon, venu de derrière et bien appuyé.  Frayeur … Mais ça redonne un peu d'énergie quand le faux plat s'éternise. L'ambiance, les codes changent un peu au gré des villages traversés. Qu’il est bon ce rare « merhaba » tout sourire venu de cette  femme au détour d'une ruelle. Le commun étant ces regards masculins qui se braquent sur nous dès l'angle de la place tourné. Que dire des entrées dans les cafés ! Il ne m'a pourtant pas semblé voir un écriteau interdit aux femmes 🤔… Le thé souvent offert compense-t-il ce sentiment trouble ?

Pas vraiment … Nous nous régalons d'un kilo de cerises sur un banc qui jouxte le café.  Les thés s'enchaînent. De l'autre côté de la rue une enseigne de vétérinaire me fait sourire… Les cerises fraîchement ramassées sont divines. Soudain, une scène capte mon attention. Ça va très vite. À l'arrière d'un camion d'éboueurs, deux hommes empoignent par la peau du dos un de ces gros vieux chiens crème. Ses yeux disent tout… pas même un jappement, et il est dans la benne. Un troisième homme vient prêter main forte. 

Dans l'indifférence totale, le camion poursuit … Nous sommes sans voix … Ces paroles de Renaud me viennent aussitôt en tête  :

https://m.youtube.com/watch?v=v28HCO71AxQ

Bruno

Alada(gla)ğlar •Escal'A2roues#16•


A l'Aladağlar, nous étions venus chercher un coin sauvage, du caillou et la fraîcheur des montagnes.
Ces ingrédients furent au rendez-vous. On aura même eu la chance de partager du temps avec Maud et Florence, venues grimper par là, alors qu'on aurait certainement eu un mal fou à faire coïncider nos agendas en France ! Comme quoi le hasard fait parfois bien les choses ! 
Grâce à elles, on agrandit même le champs des possibles !! Un brin de corde de 60m, de la cordelette pour rappeler, quelques friends, parfois un taxi et la possibilité de faire quelques grandes voies va s'offrir à nous ! 
Grand merci les filles ! 


C'est dans Kazikli canyon que nous nous mettons en bras. Escalade dans un style plutôt physique au programme sur ce conglomérat orangé. Falaises verticales voire déversantes de toutes les orientations ou presque ! On peut donc grimper à l'ombre et même sous la pluie dans les gros devers ! Renversant ! 

Ici il nous faudra jongler avec les averses quasiment tous les jours. L'orage semble avoir une ponctualité assez redoutable ! Parfois même la grêle s'en mêle.
"L'après-midi, mieux vaut déguster des pâtisseries et boire du thé qu'être sur les sommets." (Proverbe de montagnard turc)




On grimpe la plupart du temps la toute dernière voie dans un concerto de coups de tonnerre, sous les éclairages intermittents des éclairs et sous les premières gouttes. 
Une bonne solution pour enchaîner à toute vitesse !

En se levant très tôt, on parvient à grappiller quelques longueurs dans la paroi de Yelatan où souffle soit disant un "vento d'estate". Finalement, il ne fait pas si chaud que ça et l'affaire est vite pliée avant que le soleil n'ait le temps de pointer son nez ! 7 longueurs, 6c+ max, semi équipées et un itinéraire un peu tiré par les cheveux....



De retour, on arrive juste à l'heure pour un barbecue improvisé sur le parking par Valentine et Philippe. Un chouette couple en vadrouille avec leur van, leurs skis, leur matériel d'escalade et leur enthousiasme depuis des mois !



Le lendemain, on change radicalement de style dans Pinarbaşi Canyon. Étroite et profonde gorge, rocher gris peu adhérant et lignes parfaites. Aujourd'hui, on sort les coincements en tout genre, grimpe en fissure au menu ! 
L'une d'elle capte notre attention depuis notre arrivée : fissure fine et élégante qui raye un grand mur gris. Oserons-nous aller y coincer nos doigts ?
On finit par se décider et c'est "so perfect" !


Le jour suivant apparaît comme LA belle journée sur le diagramme météo. On fonce en montagne ! 
Réveil matinal, vélo, auto-stop, marche à pied... quelques heures plus tard, nous sommes au pied du mur où plutôt de l'aiguille ! 



Parmakkaya, un monolithe de presque 300 mètres de haut qui nous fait penser au Naranjo de Bulnes sous son angle le plus impressionnant. On se croirait face à "Orbayu" ! 
C'est raide et le caillou orangé semble bien compact !
 Cotations soutenues dans le 7ème degré dans un style "pas grand chose dans les mains & tout sur les pieds". Ajoutez à cela un point tous les 5 ou 6 mètres, parfois plus et des départs de relais quasi toujours expo. Ambiance garantie !




"Orient" est une belle balade verticale engagée voire exposée, mieux vaut ne pas tomber... Pour clipper les deux premiers points de la dernière longueur, c'est presque un crashpad qu'il faudrait pour parer le crash sur la vire !
Ces sept longueurs nous occupent la tête et le corps toute la journée. 


Nous allons ensuite visiter Çimbar canyon. Ce coup-ci, ce sont des murs orangés qui nous attendent. 
Petites prises sur lesquelles il faut s'agripper fort si on veut avoir une chance de clipper le relais ! 


Journée plus qualitative que quantitative : deux voies pour quatre grimpeurs ! 
Ça laisse le temps de faire plein de photos, de manger, de papoter de méthodes, de se reposer et peut être même d'enchaîner ! 


Enfin pour notre dernière journée de grimpe dans le massif, nous optons pour une valeur sûre : Karayalak, une belle paroi de presque 300m. Dalles compactes, cannelures, fissures, piliers orangés, tout y est ! 
L'équipe s'agrandit. Maud et Flo s'encordent avec Christophe rencontré sur place et partent dans la classique "Freedom", tandis qu'on grimpe en parallèle dans une voie plus récente, "Kung Fulanda".
Les deux équipes ne tardent pas à se rejoindre dans la belle longueur 7a et c'est finalement une chouette combinaison de ces deux voies que nous grimperons. Pas une longueur à jeter, tout est beau ! 


Les jours suivants s'annoncent plus humides que la normale. Il est temps pour certaines de mettre le cap à l'Ouest alors que d'autres se remettent au guidon et continuent leur petit bout de chemin vers l'Est. 
Nous profitons de cette rencontre improvisée pour alléger considérablement nos sacoches en confiant tout notre matériel d'escalade aux filles pour un retour en France plutôt que de l'abandonner dans quelques semaines en Géorgie, Arménie, Iran ou ailleurs comme initialement imaginé. 
De toute façon, l'été semble avoir pris ses quartiers et nous, il nous faut bien avancer un peu ! 
... et peut-être qu'en laissant corde, baudrier et dégaines, on aura la place pour garder les p'tits dessins et la palette d'aquarelle ! 


Quitter ce bel endroit où nous venons de passer une petite dizaine de jours nous fait tout drôle. Poursuivre le voyage sans notre matériel de grimpe nous rend presque déjà nostalgiques. S'il fallait voir le bon côté des choses, on dirait qu'on se sentira probablement encore plus libres en étant plus légers pour passer les cols haut perchés. Evidemment qu'il nous tarde de nous remettre à grimper, dans quelques mois peut-être, à l'autre bout du continent... à condition d'y arriver ! 

Inchallah !


En avant les montagnes ! •Escal'A2roues#15•


Cela fait quelques jours que nous pédalons au milieu de champs de blé à perte de vue. Peu à peu ces derniers ont laissé place à des vergers de fruitiers. Partout la main d'œuvre est au travail : installation de tuyaux d'irrigation ou d'arroseurs automatiques, forages, cueillette, plantation... Des tracteurs avec les bennes chargées de travailleurs nous doublent régulièrement, en route vers le champs. On nous salue. Pas un bout de peau ne dépasse sous les voiles, foulards, masques, casquettes, gants... Le soleil cogne très fort ces jours-ci et les pauses à l'ombre ont souvent lieu sous les tracteurs. 
Nous sourions en pensant que nous sommes finalement tous les travailleurs immigrés de quelqu'un. En France, les ouvriers agricoles ou les maçons maghrébins sont maintenant plutôt turcs. Ici ce sont les syriens qui font le job... 

Aujourd'hui nous roulons depuis quatre bonnes heures quand le décor se redresse franchement. La petite route qui remontait gentiment cette vallée verdoyante se transforme subitement en route de montagne serpentant dans un paysage désertique. Chaque petite flaque d'ombre devient quelque chose de précieux. Est-il vraiment raisonnable de s'engager dans l'ascension de ces trois cols successifs aux heures les plus chaudes ou ne vaut-il pas mieux opter pour une bonne sieste ? Le kilo de cerises avalé directement sur l'arbre le matin même, nous donne les vitamines nécessaires alors que les fontaines qui jalonnent la route assurent un rafraîchissement régulier, nous permettant d'éviter l'insolation qui nous guette. C'est bien simple, il y a en a une tous les trois kilomètres et dans chacune d'elle, on y trempe entièrement notre t-shirt. Le temps d'arriver au point d'eau suivant, on est déjà complètement sec ; au sens propre comme au figuré ! Deux hypothèses : soit il fait très chaud, soit on met vraiment du temps à parcourir cet intervalle. On peut sans aucun doute valider les deux hypothèses à la fois ! 
La pente se redresse encore, on frise les 13% à plusieurs endroits. Difficile d'imaginer circuler sur ces routes lorsqu'elles sont enneigés. Point positif, on prend de l'altitude à vue d'œil mais le mercure du thermomètre ne faiblit pas pour autant ! 
1850m. Encore quelques coups de pédales bien appuyés et nous sommes récompensés de nos efforts : les sommets enneigés apparaissent enfin ! 
L'Aladaglar : Cette grande chaîne de montagnes de l'Anti-Taurus sera notre prochaine halte. 

Depuis notre belvédère, les cimes semblent bien lointaines et si proches à la fois. On a hâte de découvrir tout ça de plus près. Pour rejoindre le pied du massif, il suffit maintenant de se laisser rouler !
La pente étant encore plus marquée de ce côté-ci, on se cramponne aux poignées de freins pendant que les jambes se remettent de leurs émotions !
Comme pour retarder encore un peu la rencontre avec ces montagnes et prolonger l'excitation qui précède la découverte, nous posons notre maison de toile sur une butte un peu plus loin.
Une soixante de kilomètres et 1400m de dénivelé : la pause est méritée.
Ce soir, nous bivouaquons face au massif léché par les derniers rayons du soleil. Magique ! 

Bonsoir l'Aladağlar !




dimanche 26 juin 2022

Un mois sur la route...

 Un mois sur la route c'est : 

◇ 3 pays 🇮🇹 🇬🇷 🇹🇷


◇ 840 km 🚲

◇ Des rencontres en tout genre  🐢🙋🏽‍♀️



◇ 4 spots de gimpe💥
◇ 20 journées d'escalade
◇ Des belles voies💯


◇ Quelques K.O❌


◇ De belles marques de bronzage ☀️


◇ 5 bus et 6 bateaux 🚍🛳

◇ Des petits dessins ✏


◇ Baklavas et thé à volonté


◇ De jolis bivouacs 🏕



◇ 7 jours complets de vélos 🚵‍♂️