dimanche 5 novembre 2023
Quand les mots manquent... !...Escal'A2roues#124

Il y aurait beaucoup à dire sur la grimpe en Australie : ce cadre magnifique, ce grès incroyable, ces parois mythiques, cette éthique stricte, ces lignes surprenantes, toutes aussi effrayantes qu'attirantes.

J'essaie justement en ce moment même d'aligner quelques mots au sujet de ce caractère si particulier qui fait que la grimpe à la sauce Australienne est si savoureuse.
Mais je dois avouer que ça patine un peu... J'écris, j'efface, je reformule, je reviens en arrière, je choisis d'autres mots sans vraiment les trouver assez justes, je cherche d'autres formulations sans qu'elles ne me paraissent assez transparentes.
Pas simple d'expliquer précisément une telle aberration : "j'y vais mais j'ai peur !"
Et quand il faut rationaliser une énormité comme "j'ai eu trop peur mais j'ai trop aimé : là ça se complique encore davantage.
Peut être qu'une fois les mots justes trouvés, tout s'éclairera et une certaine logique viendra justifier ce drôle d'exercice tout aussi physique que cérébral (et je dirai même intellectuel une fois devant une feuille blanche !).


Trouver un juste milieu entre relater les sensations d'une poule mouillée qui essaierait de grimper sur le toit de son poulailler, de celles d'un koala qui avancerait d'un demi centimètre en 10 minutes ou encore celles d'un singe téméraire qui parfois tenterait de prendre de vitesse la difficulté suivante. Sait-on jamais que le mur se redresse encore davantage ou que la peur vient se loger dans sa petite tête poilue.


Bref, je fais un peu du sur place, j'avance autant que je recule. C'est pas simple !
Ceux qui se sont déjà retrouvés à stagner sur les mêmes petites prises inconfortables avant d'oser s'élancer un câblé entre les dents, dans un mur sans ligne de faiblesse évidente comprendront probablement cette sensation.
En même temps, ce coup-ci, je ne risque ni la chute ni la tombe mais juste un texte moyen qui ne serait pas l'exact reflet de ce que je peux ressentir dans ces drôles de moments sur le rocher !


En attendant de trouver le bon angle d'attaque et de tenter d'exprimer au mieux, à défaut de trouver une explication logique, de pourquoi on aime tant s'élancer, le baudrier plombé de ferraille dans ces murs lisses et compacts, voici une petite sélection de photos de ces pérégrinations verticales allant de la balade de santé au veritable chemin de croix !



Ne vous fiez pas toujours aux sourires (crispés !) ni aux nombres de points présents sur le rocher !
Comme dirait mon grimpeur et écrivain préféré : "Mieux vaut un micro câblé de plus qu'une fille en moins... surtout si cette fille, c'est moi !"
Le Grec aurait pu être Australien !
















vendredi 3 novembre 2023
Pour ceux qui lisent le Coréen !......Escal'A2roues#123
Tadaaaa !
Mon premier article dans un magazine Coréen !






Si l'un de vous comprend ce qu'on raconte là dedans, on lui offre une balade d'une journée sans effort, tout confort, assis sur notre porte bagage en mangeant des glaces au chocolat !
Merci encore au CAC (le Corean Alpine Club) pour l'accueil et ces chouettes moments de partage, c'était en juin dernier à Séoul !
mardi 17 octobre 2023
Escale à Béziers !!!...Escal'A2roues#122

Yepaaaaa ! Escal'À 2 roue fera escale à Béziers le 16 octobre ! Rendez-vous à la Maison de la Vie Associative (MVA) à 20h pour grimper sur nos porte-bagages et faire un tour de vélo à travers l'Asie et l'Océanie version accélérée et sans trop se fatiguer !On fera également quelques pauses sur les plus belles falaises rencontrées sur le chemin...
N'oubliez donc pas vos rustines et votre baudrier ! Un petit film de 45 minutes version "road movie" sponsorisé par "zéro budget production" réalisé en chemin avec les moyens du bord. C'est à dire avec un appareil photo, une petite caméra, un simple smartphone, un accès à l'électricité la plupart du temps limité, un carnet à dessin et beaucoup d'energie, d'amour et d'envie de partager ! Les Japonais, Coréens et Australiens ont déjà profité de quelques projections mais ce sera une grande première en France !
Un temps d'échange où nous serons en direct live (comme à la télé !!) est prévu à la suite du film ! À très vite ! Ps: Toi aussi, tu aimerais embarquer quelques minutes sur nos vélos, découvrir ces images et nous aider à trouver un moyen de projeter ce film proche de chez toi ?! Tu as une idée lumineuse ? Tu connais un lieu sympa ? Une association intéressée ? Des grimpeurs ou des cyclistes que ca intéresserait ? Tu veux nous aider à continuer ?! Envoie nous un message !
lara.amoros@gmail.com
Ou laisse nous un p'tit commentaire ici !
vendredi 29 septembre 2023
Une histoire à coucher dehors !...Escal'A2roues#121

J'ai quelquefois songé à écrire quelques lignes au sujet de la malédiction des tapis de sol qui nous poursuit depuis des mois.
L'intérêt me paraissait aussi limité que la qualité des produits sur le marché. Puis soudainement, j'eus l'impression que le temps fut venu !
Combien de bivouacs durant ces quatorze mois sur la route ?
Combien de matins nous sommes nous réveillés sur des matelas en partie ou complètement dégonflés ?
Combien de nuits avons nous passées l'un ou l'autre à souffler de toutes nos forces, toutes les deux heures dans une valve pour tenter de redonner un peu de gonflant à un matelas en perdition ?
Combien de parties de courte paille et de chifoumi pour savoir qui de nous deux dormira directement sur le sol ou s'offrira le luxe d'un "vrai" sommier ?
Combien de badigeonnages d'eau savonneuse, de bulles, de tubes de colle et de réparations ?
On ne les compte plus...

Je ne vais pas vous raconter toutes ces fuites, ce nombre faramineux de rustines ni même les mauvaises nuits ou encore les marques et les modèles à éviter à tout prix.. quoique cela pourrait être assez intéressant pour les futurs voyageurs au dos fragile...
Après à peine deux mois de voyage, nos matelas ont commencé à fuir, doucement mais sûrement.
La quantité d'air s'échappant étant proportionnelle à la profondeur des cernes se creusant sous nos yeux, témoignant de nuits pas toujours aussi réparatrices qu'on l'aurait pourtant mérité !
Si la crevaison est la bête noire du cycliste, elle s'avérera aussi être celle du campeur ! Et si jusque là, on peut se sentir incroyablement chanceux de n'avoir percé que très rarement les chambres à air de nos pneus, on ne peut pas en dire autant des tapis de sol de notre chambre !
Pour être tout à fait honnêtes, il faudrait préciser que jamais nous n'avons du réparer un de nos matelas pour une réelle crevaison mais plutôt pour palier à des fuites liées à des problèmes de fabrication. Des thermosoudures créant un point de faiblesse et lâchant les unes après les autres...
Ainsi en quinze mois, nous avons mis à l'épreuve sept tapis de sol différents. Tantôt amenés de France, tantôt achetés ou récupérés en chemin... Ainsi on aura dormi des mois sur une fine mousse d'isolant de maison trouvé dans un entrepôt de bricolage au fin fond du Kirghizistan.
Dans les endroits plus chics, on s'est entendu dire par un vendeur que ce type de produit n'était absolument pas conçu pour dormir de nombreuses nuit dessus : quelques week-ends par an, une nuit par semaine tout au plus !
Utilisation trop intensive, dira-t-il.
Ah... intéressant...
Il faudrait donc acheter deux matelas à plus de 200 balles chacun tous les deux mois...
Évidemment, avant, on dormait tous sur de simples bout de mousse et tout allait bien mais on n'y passait pas non plus toutes les nuits de nos vies !
Par le plus grand des hasards, il se trouve que le dernier spécimen en date fut un modèle des plus onéreux offert par un ami japonais et commença à fuir encore plus rapidement que ses congénères. Nous nous en accomoderons plus de 3 mois.
Mais là où cela devient plus intéressant, c'est qu'il sagit d'une marque Australienne, pays dans lequel nous venons justement de poser nos pneus.

Après quelques passages dans des "shops" ne pouvant nous apporter aucune aide significative, nous nous résignons à contacter le SAV de STS, comprenez par là : le Service Après Vente de Sea To Summit.
Durant plusieurs jours, un échange endiablé de mails s'ensuit...
Et après quelques jours, pour tout dire la mauvaise foi de STS commence à nous taper un peu sur le système : "Oui, c'est un défaut de fabrication mais non, nous ne ferons rien sans preuve d'achat."
Les blagues vont bon train et nous parlons à peu près dix fois par jour de matelas et de Sea to Summit avec les Australiens avec qui nous partageons un bout du camping gratuit de Mount York.
Notre réseau japonais fonctionne à merveille et nous parvenons finalement à enfumer le SAV australien et nous nous repointons avec une magnifique facture tout en japonais.
La bataille est terminée, les belles nuits peuvent commencer !

Katoomba, Blue Mountains :
Un matelas tout neuf dans une main et une preuve "d'achat" (pour la prochaine fois !) dans l'autre, un sourire jusqu'aux oreilles et deux cyclistes heureux : l'histoire aurait pu se terminer ainsi.
Pourtant je ne saurais expliquer pourquoi, j'eus à cet instant l'intime conviction que cette histoire à dormir dehors et sur le sol bien dur n'était pas réellement terminée.

Quelques jours plus tard, nous grimpons dans un secteur peu fréquenté des Blueys, ce genre d'endroit où de belles fissures rayent le rocher et où l'on rencontre de belles personnes.
Notre inconnu du jour est inrratable, il est immensément grand, ressemble à Edmund Hillary et je pourrais mettre facilement mes deux pieds dans chacun de ses chaussons. Il est aussi hyper sympa et en quelques secondes, il nous livre de précieux conseils, nous donne un moyen de le contacter et nous invite chez lui à quelques centaines de kilomètres d'ici.


C'est quelques heures plus tard que nous apprendrons que cet immense et très sympathique bonhomme n'est autre que Tim McCartney, le co-fondateur de Sea to Summit (mais qui n'a aujourd'hui plus de part dans l'entreprise).
Quel petit monde et quel incroyable hasard des rencontres !


Nos chemins se recroiseront puisque Tim reviendra grimper avec nous quelques jours plus tard et qu'il nous ramènera même chez lui en voiture puisqu'il a un super porte vélo.

Il nous fera visiter les spots de grimpe autour de chez lui (dont un presque dans son jardin !), nous offrant le thé au lait entre deux voies, nous hébergera quelques jours, nous invitera pour de délicieux repas mais ce n'est que lorsque l'on se retrouvera à boire nos bières dans ce surprenants verres et que l'on comprendra toute la subtilité et le dénouement de l'histoire.


Tim fut le premier Australien au sommet de l'Everest en 1984.
Mais surtout, nous apprendrons qu'il est parti à pied du Golfe du Bengale, ce qui fait de lui le premier homme à s'être attaqué au plus haut sommet de la planète en partant du niveau de la mer, de 0 à 8848 mètres, de la mer au sommet : "Sea to summit".
What a story !
C'est ainsi que tout s'éclaire. Ce qui est inscrit en lettres orangées sur notre matelas prend désormais tout son sens.
Ce surprenant personnage, son généreux accueil et ces bons moments partagés ensembles conclurent donc à merveille cette drôle d'histoire à coucher dehors !

samedi 23 septembre 2023
Quinze, seize mois sur la route... !...Escal'A2roues#120
Un quinzième et seizième mois en vadrouille, ça donne ça :
◇ Un nouveau pays 

◇ Une 15 ème capitale 


◇ 11980 km

◇ Du vélo, du train et de la voiture 







◇ Des nouveaux amis
















◇ 38 Journées de grimpe 


◇ 6 spots 


◇ 23 secteurs visités 


◇ 8 grandes voies 


◇ Du rocher de malade 


◇ Des dents en plus 


◇ Des nuits très fraîches 


◇ Des nuits dans un lit 

◇ Des animaux nouveaux 


















◇ Des centaines animaux vivants
et morts 
et morts 

◇Un bout de chaussure en moins 



◇ De la linogravure 


◇ Du bucheronnage 


◇ Un matelas avec 22 fuites réparées
et enfin un matelas neuf 
et enfin un matelas neuf 

◇ Des plantes et des fleurs folles 





















◇ Des grands feux


◇ 2 musées 




◇ 1 dispute et des "vacances" solo

◇ 1 projection de film

◇ De la nourriture sauvée de la poubelle 


◇ Plein de dessins 


◇ 2 paquets à destination de la France 


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