Faire un selfie avec à la fois des edelweiss devant le nez et la brèche de Roland au dessus de la tête ?
Ce n'est pas tous les jours que ça arrive !
... Mais ce n'est pas non plus aussi improbable que de décider la veille à 23h à la sortie du ciné d'emmener sa petite maman faire une grande voie en montagne alors qu'elle ne fait pas d'escalade et qu'elle a peur du vide ! Pas plus aléatoire non plus que d'aller se balader en altitude alors que l'hiver s'est subitement installé en une seule nuit... Et ce n'est pas non plus aussi surprenant que de se retrouver là-haut toutes les deux ou devrais-je même dire presque "toutes ou tous les trois" !
Une petite course en montagne partagée à trois générations... pas sûr que l'occasion se représente de si tôt, aussi il fallait la saisir au vol !
C'est ainsi que nous voilà parties, frontales vissée sur la tête et bien emmitouflées dans nos grosses doudounes alors que le thermomètre affiche quelques degrés sous zéro ! Le jour se pointe alors que nous déambulons sous le Taillon et que le crux de la journée ne tarde pas à se présenter...
J'avais imaginé de la marche, de la grimpe, peut être des rappels ou de la désescalade, un pique-nique au soleil, ou en plein le vent si pas de chance, mais je n'avais pas anticipé que l'on puisse déjà rencontrer des cascades glacées au mois d'octobre et encore moins de s'y balader en solo et en petits baskets d'été !
Vue de l'extérieur, la scène aura peut-être pu paraître épique : une minuscule mamie, morte de trouille, tantôt à quatre pattes, tantôt les deux pieds pataugeant dans les vasques d'eau glacée, traînée au bout de la corde par une nana avec un gros ventre !
Quelle cordée !
Une fois, ce piège déjoué (et ce n'était pas gagné !!), il ne restait plus qu'à poursuivre notre chemin. Rejoindre le soleil, s'encorder, s'agripper au caillou, tout en espérant que l'ambiance se réchauffe un peu pour dégeler cette patinoire qu'il faudrait à nouveau franchir sur le chemin du retour !
Nous voici donc parties pour cinq longueurs le long de l'Arête Sud des Sarradets. Tantôt abritées du vent sur le caillou ensoleillé, tantôt secouées et frigorifiées par des rafales glaciales à l'ombre mais il en aurait fallu davantage pour nous démotiver. Un petit parcours d'arête en zigzaguant entre rochers et touffes d'edelweiss avec vue panoramique sur la belle brèche et sur le grand cirque !
Que demander de plus ?!
Voilà une belle manière de clôturer cet été interminable avec cette première journée hivernale en plein automne. D'une pierre trois coups, ce fut aussi une étonnante occasion de fêter les 70 ans de sa maman, tout en faisant une entrée fracassante dans le sixième mois au cœur du cirque !
... Maintenant, promis, pour les trois prochains mois, je glisse une paire de crampons dans mon sac pour les prochaines sorties !




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