dimanche 8 septembre 2013

C'est le Buuuuutt !

 Ah le but! Tout grimpeur ou alpiniste connait le but... On en l'a tous vécu ou plus exactement subi!  ...Buter dans une voie, une descente parfois tout simplement dans l'approche!

Allez donc cherchez dans Wikipédia et vous en trouverez la définition exacte :


BUT (prendre un "but"):


Devoir redescendre d'une voie sans avoir pu atteindre son sommet (vient de "buter contre un obstacle").

Mais en fait des buts, il en existe des tas, tous différents les uns des autres, chacun a sa saveur ou plutôt son amertume...
Pour n'en citer que quelques uns, il y a :
- le but "choix de la voie" ou le but "forme" ("ah ouais, c'était vraiment trop dur pour nous...");
- le but "météo" (ah! ces P... de nuages);
- le but " pédagogique" (où on apprend plus qu'en sortant la voie...);
- le but "du non retour" (où la retraite est plus que difficile et où il faut 10 fois plus de temps pour descendre que pour sortir! );
- le but "motivation" ou but "mental"("Oulàlà, ça fait vraiment trop peur...");
- le but "approche" ("Ben quoi! on n'a jamais trouvé le départ de la voie!")
- le but "topo" ("Un coup de vent et il s'est envolé!" ou encore "ah ben non je l'ai oublié!")
- le but "condi" ("trop dur, trop mou, trop chaud, trop froid, trop sec, trop humide... Halala que c'est compliqué!")
- le but "qui coûte cher" (où tu abandonnes tout ton matos!) 
... Si vous avez d'autres expériences à partager, je suis preneuse! ;)
Il y a des buts tristes et il y a des buts drôles! Et cette fois c'est le cas, voilà donc l'objet de ce petit post!!



Nous voici donc parti avec François pour aller grimper à la face nord de la Tour du Marboré... Cette paroi est situé tout en haut du cirque de Gavarnie et à la particularité d'être sèche en fin de saison (fin août et septembre) quand les névés situés en haut ont fini de fondre...
On s'est un peu pris la tête cette semaine, une jolie petite voie en amoureux et ce sera parfait pour se réconcilier!


Montée au refuge


Refuge des Sarradets, la Casque et la Tour du Marboré

Ayant déjà faite la Ravier(la plus facile), il ne me reste qu'à me lancer dans plus dur! Nous choisissons "Woodpeckers", une voie parait-il magnifique, 300m, ED+, les longueurs variant de 6c à 7c mais très bien équipé...Nous prenons quand même 3 friends au cas où! 
Moi, je crois que ça va être dur, mais bon... j'ai le plus beau des jokers avec moi!!!




Montée au refuge des Sarradets sans encombre, le lendemain réveil 5h et c'est parti pour une petite approche pas des plus agréables!
Éboulis de tout calibres, névés, dalles humides, cailloux posés sur des dalles... Tout en traversée, et sans se la coller: la marche est haute!
Mais jusque là, tout va bien!




Nous trouvons le couloir d'accès menant à la vire où se trouve le "pseudo" départ de la voie... On aperçoit rapidement des spits, pas de soucis, c'est par là!





Accès à la vire


En fait, on ne se pose pas trop de question! Le topo fait allusion à UN toit jaune, et on en a PLUSIEURS au dessus de nous (cherchez l'erreur)...


François part dans la première longueur, le premier point est assez haut et on est déjà content d'avoir quelques friends... Pour une voie très bien équipée,ça commence bien! Mais on est sûr d'être dans la bonne voie quand même!
La longueur traverse 3 toits avant de rejoindre une dalle grise très compacte. Je commence à m'inquiéter un peu plus quand François commence à tirer à un point, puis quand il manque de se la coller un peu plus haut entre 2 points pas si proches!... Il a l'air de grimper ce 7b, héhé!


Première longueur...


Il arrive quand même à rétablir le dernier toit et débouche sur la dalle, il m'annonce que ça engage un poil... 3 spits pour 30m, normal!
Vaudrait mieux ne pas tomber...Raté! 
Après une bonne bataille au dessus du dernier spit et bien en traversée, je vois la jambe tremblouiller, les coudes se lever et finalement j'aperçois mon François imiter le tichodrome (observé quelques minutes plus tôt) en se collant un énorme tir...
A l'assurage, je résiste plus ou moins bien, je dynamise autant que possible mais je fini quand même par m'éclater dans le bloc au dessus du relais!
Rien de casser, tout va bien! Ouf! Quelle aventure!



Finalement on arrive tant bien que mal au relais suivant... Grosse trash entre les points pour le premier, artif et moufflage pour le second!

La longueur suivante part dans une grosse écaille mais il n'y a aucun point... Cette fois c'est sûr, on n'est pas dans la voie. Nous n'avons pas assez de matos pour continuer dans une voie en terrain d'av'. On signe le but, en abandonnant un mousqueton et en posant un rappel...


Euh...Pas tout compris là...



Il ne nous reste plus qu'à se retaper la marche d'approche dans l'autre sens, cool :(
Mais bon, il fait beau, on ne s'est pas fait mal, on n'a juste pas tout compris!(mais ça ne s'aurait tarder...)



Retour au refuge, on raconte nos péripéties aux gardiens qui nous sortent le classeur des topos... On comprend mieux!!

"Nafarroa Bizirik", voie ouverte par des Basques terminée il y a une dizaine de jours, première longueur 8b, semi équipé... Si on peut donner notre avis pour la cotation, on dira PF (PAS FACILE!)




On se marre bien! On est quand même content d'avoir atteint le relais, c'était pas gagné! François récupère le topo, il est surchaud pour revenir avec un peu plus de matos... 

Avis aux amateurs! :)


samedi 7 septembre 2013

Éperon Tournier Intégral - Face nord des Droites -


Voici un petit film de notre aventure aux Droites. C'était fin août avec François et Sylvain... Trop bien!


mercredi 28 août 2013

Au musée de l'alpinisme...




Ah ! "la Lépiney" au Trident!

Cela faisait un moment que j'avais repéré cette voie et que j'avais envie d'aller lui rendre visite... Aller faire cette voie me tentait pour l'esthétisme du sommet auquel elle conduit et surtout pour son caractère historique...



Ouverte en 1919 par Lépiney, M.Damesme et Alice Damesme (une nana dans la cordée, l'idée me plait bien!) et surtout sans pitons à cette époque là et c'est ça le plus impressionant. Vu du bas les différentes faces semblent bien raides, il fallait oser s'y lancer! Trop malins ces anciens... le cheminement est astucieux, la voie suit une ligne de faiblesse qui remonte l'aiguille selon un genre de colimaçon, c'est génial!


Passage de la rimaye et attaque de la voie

Sylvain dans L1

Dans L2

Arrivés sur les vires
On s'élève en traversant toujours vers la droite, jusqu'à réaliser quasiment un tour complet, hallucinant! On démarre en étant tout proche de la belle Chandelle voisine et on est vite à proximité de l’impressionnant Grand Capucin... Magique!


Une cordée au Grand Cap
L'escalade y est belle et agréable, parfois raide mais jamais difficile. Même les longueurs les plus dures peuvent passer assez aisément en grosses, cela demandent parfois de rajouter quelques protections et de partir avec un petit jeu de friends...


Dans la longueur clé... 5+



Le caractère aérien se fait aussi sentir lorsque qu'il faut accéder au sommet ou encore lorsqu'il faut aller attraper la ligne de rappels par une traversée en mode "funambule"! Dément!

Enfin la descente dans "Les Intouchables" me permet de découvrir des lignes de fissures parfaites, il faudra revenir!


Traversée jusqu'au sommet Sud

Sommet!
Bref cette voie est juste géniale, j'ai vraiment adoré! 
Il faut dire aussi que j'étais  en excellente compagnie! Une super journée avec Sylvain et Mathieu...
Merci les gars :)

mardi 27 août 2013

Stage été GEAN "Acte 2"


La fin de semaine offre un bon créneau météo, après quelques jours à zoner dans la biblio de l’Ensa à la recherche de topos et d’idées de projet d’expé, nous revenons à notre première idée : aller en face sud du Mont Blanc.

Je ne connais pas trop le coin mais ma première visite l’été dernier à l’envers du Mt Blanc m’a permis d’avoir petit aperçu des lieux : Arête du Brouillard, Pilier Rouge du Brouillard, Inominata, Frênay…
Aussi retourner sur le versant Italien m’emballe bien !


Il a neigé pas mal ces derniers jours, le meilleur compromis nous semble être de grimper au Pilier Rouge du Brouillard puis de poursuivre par l’arête du Brouillard jusqu’au Mont Blanc de Courmayeur pour finir au Mont Blanc ! Nous sommes nombreux, nous nous partagerons donc dans deux voies différentes : Voie Bonatti pour nous (en 2 jours) et voie Gabarou Long pour les copains (en 3 jours).



La montée au bivouac d’Eccles est déjà une petite course complète à elle seule : plus de 2000m de dénivelé, un sentier, des échelons genre via ferrata, une moraine, un glacier, des crevasses à contourner, une arête de neige et enfin quelques petits pas de mixte…






Quand tout ça est avalé, il n’y a plus qu’à espérer en poussant la porte que cela n’affiche pas complet. Nous avons de la chance, les 2 palaces d’altitudes sont quasiment vides. Nous nous installons dans le premier refuge (le plus vieux, 9 places) pendant que deux d’entre nous montent au second refuge (6 places) quelques mètres plus haut…


Je trouve ce petit bivouac accroché à cet éperon rocheux vraiment sympathique. Ce n’est pas très spacieux mais avec un peu d’organisation on y arrive, il suffit de ne pas tous être debout en même temps et de ne pas avoir oublié quelque chose dans son sac quand tout le monde est assis !




Le lendemain matin vers 5h, nous mettons les fesses dans le vide pour un premier rappel qui nous permet de prendre pied sur le glacier, un second rappel sur corps mort pour passer un mur de glace du genre déversant !

Aujourd’hui je fais cordée avec Steph et mon copain Juju (on va bien rigoler !)
Il ne fait pas bien chaud quand on attaque la voie, Julien se lance dans les premières longueurs qui réveillent un peu…




Heureusement le soleil ne tarde pas à arriver, ça nous réchauffe un peu et je prends la tête quelques temps…
Le rocher est très bon, les longueurs sont belles, la grimpe agréable… Sans être extrême, c’est quand même assez raide et avec le sac à dos, le 5c me parait parfois un poil plus dur !
Les heures passent et l’espoir de prendre la benne le soir même s’éloigne, pas grave !








 Julien reprend la tête pour les dernières longueurs qui nous mènent au sommet du pilier où vers 14h, on découvre l’énorme cairn qu’il nous reste à gravir jusqu’à la Pointe Louis Amédée où nous nous rejoindrons (enfin) l’arête du Brouillard, on n’est pas arrivé !





Je cherche le chemin dans ce tas de cailloux branlant tantôt sur le fil, tantôt en contournant de petits gendarmes… ça dure des heures ! Neige et rocher pourri alternent, puis les portions d’arête de neige deviennent de plus en plus fréquentes et finalement on débouche au Mt Blanc de Courmayeur où il y a vraiment un vent de barjo !







Vers 19h30, nous sommes au sommet du Mont Blanc, 2ème fois en 10 jours et 2ème fois que je suis ici avec mon pote Juju ! On est bien contents, ça commençait à être long cette foutue arête !


On prend rapidement le chemin de la descente : Vallot, Gouter, Tête Rousse… Sortir tard au sommet a pour avantage d’avoir en cadeau un beau couché de soleil… et de faire de belles photos !






A 22h30, on est au refuge de Tête Rousse, à 22h32 on est au lit ! Enfin !