mardi 28 février 2017

" Aski 2 "

 
Un début d'année sur les bancs de l'école avec les skis accrochés aux pieds... Compliqué ?!
Oui, assez !

Me revoilà donc à l'ENSA pour quatre loooooongues semaines de formation : l'aspi 2.
Dans mon cartable : Ski/bâtons/chaussures/peaux, arva/pelle/sonde, gants/bonnet/lunettes...
 
La cour de récréation !
Après une semaine à tenter de comprendre pourquoi grains anguleux et couches fragiles s'entendent bien, pourquoi faible gradient et grains fins sont super copains, à mesurer l'inclinaison des pentes à l'aide de bâtons, à éplucher le BRA (Bulletin de risque d'avalanche), à s'entraîner à la recherche DVA, au sondage et pelletage et l'arrêt d'une chute en crevasse et à l'autosauvetage ; on était enfin prêt pour skier davantage !
 
 
 
Salle de cours : Couloir de l'ENSA
 
 
 
Les semaines suivantes "glissaient" davantage : du ski, du ski et du ski... Rando, piste et hors piste... Des virages comme ci, des virages comme ça : Chasse neige, dérapage, conversion, demi conversion, stem amont, virage 4*4, virage sauté, dérapage... On a même skié encordé et fait des rappels avec des skis aux pieds ! 
 
 
 
 
 
 
 
Traîeau de fortune et faux blessé...
Grand Paradis et Refuge Victor Emmanuel...
 On a skié entre les crevasses, descendu des couloirs que je me serais plutôt imaginée monter d'ailleurs ! On a aussi fait des corps morts, un traîneau de fortune, dormis dans des igloos, on est devenu copain avec un renard un peu bizarre, découvert une belle vallée, dormis dans un hôtel 3 étoiles et mangé plein de trucs trop bons en Italie !
 
 
Un stage qui se termine plutôt bien, avec des hauts et des bas, tout comme les montagnes, les vallées et les gens qui y vivent...

mardi 14 février 2017

Une vocation ?!



" Tu veux vendre des courants d'air ? Va mon fils, va, je ne t'en empêcherai pas car plus tard tu pourrais me le reprocher."

C'est ainsi que Marcel Bleustein-Blanchet échappe à une longue dynastie de marchands de meubles pour devenir l'un des plus grands publicitaires français.

Après avoir crée l'agence "Publicis" et tout plein de célèbres slogans publicitaires, il souhaite à son tour donner une chance à des jeunes animés par une vocation en créant, en 1960, la "Fondation pour la vocation".
Une aide précieuse qui depuis 56 ans permet à des centaines de jeunes âgés de 18 à 30 ans, de toutes nationalités, d'atteindre le niveau de formation nécessaire pour exercer ensuite le métier de leur rêve.
 

La "Fondation pour la vocation", c'est une vingtaine de prix décernés chaque année et plus de 1500 jeunes lauréats qui ont bénéficié de ce généreux coup de pouce depuis sa création. 
56 promotions parrainées par toutes sortes d'illustres personnages d'horizons aussi divers que variés : des écrivains, des politiques et des présidents de la république, des acteurs et des comédiens et même des aventuriers tel qu'Eric Tabarly, Michel Siffre ou encore Jean-Louis Etienne (Wahou !)
 
 
En 2016, c'est la promotion "Fabrice Luchini" et j'ai la chance de faire partie des heureux élus. C'est ainsi que je me retrouve un soir de décembre sur la scène du théâtre Edouard VII à Paris avec un gros chèque dans les mains. Dans la salle : les donnateurs, les membres de la fondation, les autres lauréats et leurs familles. Sur l'écran : quelques images ayant pour objectif de présenter brièvement chacun de nous.
C'est avec plaisir que je découvre tout plein de portraits de jeunes animés par une passion qui les font vibrer et guide leur vie. C'est chouette de voir des jeunes pleins d'energie et qui ont les yeux qui brillent lorsqu'ils évoquent leur "vocation".
 
Toutes sortes de métiers dont je ne supposais même pas l'existance. Voilà le genre de présentations auxquelles il aurait été intéressant d'assister quand à tout juste 15 ans, tout perdus, on nous demandait: "Alors, il faut choisir, qu'est ce que tu voudrais faire plus tard?!! " ... Euh...
 
Et ben maintenant, on sait ! Et ce ne sont pas les idées qui manquent... Il y en a pour tous les goûts : Criminologue, designer, chef d'orchestre, scénographe, luthier, musicien, comédien, danseur, voltigeur, berger, diplomate, chercheur, chirurgien, anthropologue, archéologue, poète, écrivain, ingénieur, styliste, costumier, plasticien... il parait même qu'il y en aurait une qui aimerait devenir guide de haute montagne (...plus à l'aise là haut que devant une caméra d'ailleurs ! ... Heureusement que le ridicule ne tue pas...)
 



Les films de tous les lauréats 2016 mais également des années précédentes sont visibles par ici :
 
Que dire de plus, si ce n'est que d'envoyer un énorme merci à la "Fondation pour la vocation" qui cette année encore aura permis à ses jeunes lauréats de continuer à tracer leur chemin vers l'épanouissement et l'accomplissement personnel... Le mien devrait me conduire dans des endroits toujours plus beaux !
... Faute de courants d'air, ce sont des bols d'air que j'essaierai de vendre aux gens qui voudront bien partager une journée en montagne avec moi !
 

vendredi 6 janvier 2017

Eh toi! Bonne année !
 
Une année pleine de choses chouettes... Des petits trucs qui servent à rien et qui donne le sourire, qui font rêver et rendent heureux ! Des petites et grandes aventures en famille, en solo, en amoureux, entre copains et copines... Dehors, dedans, en haut et en bas... partout !


mardi 3 janvier 2017

Noël au Cirque !



"Vous avez visité peut-être les Alpes, les Andes, les Cordillères, vous avez depuis quelques semaines les Pyrénées sous les yeux ; quoi que vous ayez pu voir ailleurs, ce que vous apercevrez maintenant ne ressemble à rien de ce que vous avez rencontré ailleurs..."  "C'est une montagne et une muraille tout à la fois ; c'est l'édifice le plus mystérieux du plus mystérieux des architectes ; c'est le Colosseum de la nature; c'est Gavarnie." V.Hugo


Pouuahh ! Mais quelle imagination cet architecte !
Un cirque de 1200m de dénivelé, une grande cascade de 400m, du caillou plissé, du rocher gris, des pentes d'herbe verte..

En hiver, le cirque c'est trois ressauts glacés entrecoupés de deux grandes banquettes de neige...
Parcourir les trois étages est un de ces petits voyages pyrénéens que l'on adore partager avec quelqu'un que l'on aime bien ! Plus de 600m d'escalade, voilà de quoi réveiller nos petits bras et nos mollets ! Tout là haut, le gros glaçon qui pend au troisième étage c'est "Aloïs" ! Un grand rideau de glace bien visible depuis le bas qui ne peut que laisser rêveur... Trois longueurs qui ne se laissent attraper qu'après deux longueurs de rocher où l'on grimpe un peu en libre, un peu en artif. Voilà ce qui nous incite à quitter le rez de chaussée pour gravir une à une les grandes marches de ce grand cirque !






Comment terminer 2016 en beauté et à la fois s'offrir un chouette cadeau de noël ?!


C'est pas bien compliqué...
Rendez-vous au cirque ! Choisissez un numéro qui vous fait rêver depuis pas mal d'années, espérez très fort qu'il fasse un peu froid et surtout qu'il ne neige pas trop dans le chapiteau, embarquez avec vous un chouette acrobate (avec qui vous rêvez de bivouaquer), un coup de Nomic magique... Et hop ! Le tour est joué... En piste ! Le spectacle peut commencer !

C'est comme ça que nous débarquons le soir de noël dans la vallée d'Argelès...
Comme d'habitude, camp de base à Ouzous, chez Sylvain : du matos partout, crampons et piolets suraffutés, une balance, un œil sur le thermomètre qui ne semble pas décider à descendre trop bas et des aller-retours aux toilettes...
Pendant que je me goinfre de gâteaux et de chocolats, que je compte les broches et remplis les sacs ; Bruno, la tête dans la cuvette, remplit les toilettes...
Les lapins seraient-ils allergiques aux Pyrénées ?! Pourtant jusque là, tout semblait plutôt bien aller...

Je regarde amusée l'air un peu surpris de Sylvain devant tout ce bazar éparpillé chez lui y compris devant Bruno qui comate, allongé au beau milieu du salon, pour des présentations : on pouvait espérer mieux ! ... "Mais c'est un numéro de clowns que vous nous préparez ou quoi ?!? Vous êtes sûr de vouloir y aller ?!"


La dernière miette du repas de noël évacuée, cette fois c'est bon... Qu'est ce qu'il ne faut pas faire pour rester léger... Pour un adepte du light, j'aurai pu m'en douter !
Allez au lit, bientôt le réveil va sonner !



Nous partons tôt et même un peu trop tôt puisqu'il fait encore nuit quand nous arrivons au pied du cirque. On préfère attendre d'y voir un peu clair, en effet le premier étage n'est pas bien épais mais on s'y attendait, on peut même dire que l'on avait été largement prévenus !
La surprise, c'est que ça passe et la bonne surprise c'est que ça passe même à plusieurs endroits. Aussi, nous préférons garder nos distances avec la "Overdose" et le "Maestro" qui pend dangereusement au dessus des lignes situées les plus à gauche... Plutôt malins puisque quelques kilos de glace fuseront vers le bas quelques minutes plus tard !


Bruno part dans "Zuloaga", je le suis 60m derrière à corde tendue. A la vire neigeuse, je prends le relais et file vers la droite en direction du "Panneau central"... Hop ! Me voilà en tout en haut du premier étage, cela fait à peu près 2h que nous avons attaqué et voilà déjà une bonne chose de faite : le premier étage, ça passe !




Petite session brassage dans la neige inconsistante avant de trouver une petite arête où la neige semble porter davantage... Un bâton à la main et un sac relativement léger sont bien appréciables. Nous découvrons à gauche les Alpes Juliennes (on reviendra !!!), à droite les dalles des Sarradets éclairées par quelques rayons de soleil. Une cordée venue depuis le refuge commence tout juste à grimper au deuxième étage, nous leur faisons coucou alors qu'ils semblent nous regarder d'un air de dire : "s'ils continuent à s'arrêter toutes les cinq minutes pour se faire des bisous, ils ne sont pas arrivés ces deux là !"


Eh ben si ! On finit par arriver au pied du second étage !
Petite pause pour refaire un peu d'eau et grignoter un morceau...




Ici les conditions semblent optimales. Nous optons pour "Mitologicos" parce que ce n'est pas dur et que nous sommes pile dessous ! On repart à corde tendue et on prend vite de la hauteur. Après deux très grandes longueurs nous sommes sur la dernière banquette neigeuse au pied du magnifique troisième étage. De la glace qui pend, du caillou gris et orangé nous dominent. Maintenant je sais pourquoi je voulais tellement monter jusqu'ici : c'est trop beau !





La dernière pente de neige remontée nous nous trouvons un petit coin pour passer la nuit. Contre un caillou au pied de "Memento Mori", c'est juste parfait ! On creuse, on terrasse, on tasse, on emménage ! Il est encore tôt et bien sûr, on pense à aller fixer une longueur dans le rocher pour optimiser la journée du lendemain... On y pense, oui, mais cela s'arrêtera là... On préfère profiter des quelques heures de "soleil" qui nous restent et nous passons l'après midi, les fesses dans le duvet, en admirant le panorama depuis le fabuleux balcon du troisième étage ! Serait ce cela que l'on appelle "Noël au balcon"?!... Chouette cet immeuble !




... Bivouac 1000 étoiles (filantes en plus!) !




Il fait jour depuis un moment quand nous quittons notre petit nid. "Aloïs" nous attend !! Ce matin, au programme, c'est artif !
Une courte longueur de glace nous permet de rejoindre le caillou... et quels cailloux !!! Imaginez des milliers de Légos mal emboités les uns sur les autres qui ne demandent qu'à dégringoler vers le bas ! Il parait que j'aime bien les Légos, c'est à mon tour de grimper !



Je marche comme sur des œufs pour quitter le relais et malgré ça je fais une grosse omelette en balançant en bas une prise de pied grosse comme la grande maison Playmo ! Le spit situé un peu plus loin est le bienvenu ! Un petit dièdre agrémenté de quelques pitons me permet de rejoindre (pas si facilement !) le grand dièdre où les friends de grosses tailles s'en donnent à cœur joie ! Petit dévers puis petit réta à plat ventre et me voilà au relais, ça fait déjà 1h30 que je suis partie...





Bruno passe en mode "drytooleur" et me rejoint rapidement. Sans quitter ni crampons ni piolets, le voilà reparti dans la longueur suivante. Capitaine crochet aux manettes, ça joue du Nomic dans tous les sens ! ... Voilà qu'il crochette avec, qu'il tape avec l'un sur l'autre, qu'il met l'étrier dedans, qu'il se vache dessus, qu'il essaie d'enfoncer des pitons avec et enfin qu'il les plante dans la glace (Ah ,ça va pas trop mal pour ça aussi !?! ...).


Le rocher est bien meilleur dans cette deuxième longueur et c'est tant mieux ! Derrière, j'essaie de grimper avec les mains et ça ne va pas si mal que ça ! Bien entendu, je m'accroche aussi à tout ce qui bouge dès que c'est possible ! 
Arrivée au relais, le rocher c'est terminé pour aujourd'hui, place à la glace !




Basculer du rocher à la glace avec tout ce vide sous nos pieds, c'est trop ouf ! Trois grandes longueurs bien raides nous secouent autant les bras que les mollets mais c'est du pur régal !
C'est tellement génial de se savoir accroché à ce bout de glaçon perché tout en haut du cirque !





Voilà comment un chamoniard s'est retrouvé à grimper dans les Pyrénées et comment il est rentré dans les Alpes, le sourire jusqu'aux oreilles ! ... Pour une première visite à Gavarnie, on peut dire que c'est réussi !

Un super voyage pour finir cette folle année et un cadeau de noël plutôt très chouette !! Merci ;)