Après une petite tempête nocturne, ce matin au réveil, nous
sommes assez optimistes : on chausse directement les chaussures de ski. Le
vent a certes faiblit au lever du jour mais nous espérons pourtant bien
grappiller quelques kilomètres vers le Nord grâce à lui. Nous déjeunons,
rangeons les duvets et les tapis de sol, plions la tente, chargeons les pulkas,
sortons les voiles.
Premier échec de la journée : alors que nous sommes
enfin prêts à décoller, le vent tombe complètement et on en est réduit à
replier les voiles sans qu’elles n’aient encore quitté le sol !
Comme une petite épaisseur de neige recouvre la glace, nous
innovons en collant sous nos grands skis de géant, des petites peaux de phoques
emportées sans grande conviction. Les miennes ayant environ mon âge, on
s’apercevra plus tard, dans la neige humide, que ce n’était pas le meilleur choix
à faire !
Deuxième échec de la journée : Skis de géant (choisis
pour leur poids, leur rigidité et leurs cares agressives pour réussir à rester
debout sur les zones de glace vive), chaussures de ski rigides et un peu trop
grandes (pour ne pas avoir trop froid et pouvoir kiter sur la glace avec),
bâtons de trail aux pointes pas pointues (car inutiles en kite !) et peaux
de phoque (étroites et très courtes !)
d’un autre temps ne s’avèrent pas être l’équipement le mieux adapté pour
faire du ski de rando à plat !
En plus, en tirant conjointement nos deux pulkas accrochées
ensemble comme deux chiens de traîneau, on ressemble à tout, sauf à des
« collants-pipettes » !
Petits vents légers et quelques bourrasques d’optimisme, nous
font cumuler quelques échecs supplémentaires au fil de la journée.
Mais le vrai problème quel est-il ?
Entre marcher 20km par jour à pied (ou en ski) et les
parcourir en 30 minutes seulement en kite, le choix est vite fait !
Pour autant, l’incertitude d’avoir du vent les jours
suivants est grande. Avoir la chance qu’il souffle dans le bon sens est
hypothétique et la contrainte du timing n’est pas négligeable non plus. Pour tout cela il n’est pas facile de rester assis sur nos pulkas en mangeant
nos réserves de chocolat en attendant le vent.
Il pourrait simplement suffire de marcher quand c’est
« pétole » et de sortir la voile au premier coup de vent mais il faut
absolument que ce coup de vent là s’établissent et perdure quelques heures.
Peut-être comprendrez-vous mieux la situation et
prendrez-vous davantage conscience de toute la logistique un peu rébarbative à
passer du mode « marcheur ou marcheur à ski » au mode
« kiteur » :
Il s’agit sans perdre trop de temps d’enlever les après-ski
et mettre les chaussures de ski ou de retirer les peaux des skis, tourner les
fixations, fermer les crochets des chaussures et bloquer la tige arrière,
ranger les bâtons et les attacher sur la pulka, vider les pulkas et les
accoupler ensemble (pour éviter qu’elles ne fassent des tonneaux !), les
reremplir, remettre son baudrier correctement (on enlève les cuisses pour tirer
en marchant) et atteler les pulkas, rajouter quelques couches de vêtements
supplémentaires, ranger les petits gants pour en mettre des plus gros ou des
moufles, ranger les lunettes de soleil et mettre le masque, mettre le casque,
déplier sa voile, la clipper à son baudrier et enfin chausser ses skis !
Imaginez, si une fois tout ça accomplie, Eole s’est fait la
malle ? Grrrrrr…..
Prenez cette même situation et multipliez-la par 4 ou 5 et
vous aurez un aperçut de cette troisième journée sur le lac !
Ce soir, on allume l’In-reach : Pas franchement de vent
annoncé. On le ré-éteint aussitôt !
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