samedi 18 mai 2013

Hatun Machay... du caillou et des fleurs...





  
  

Nous voici de retour à Huaraz, après avoir passé 4 jours au site de grimpe Péruvien d'Hatun Machay...






C'est un grand champ d'aiguilles au milieu de la Pampa, du caillou sculpté noir, orange, gris, jaune, situé à 4300m.... Des belles voies et aussi plein de fleurs!!




Les voies ne sont en général pas très longues, bien que certaines atteignent les 30/35m et principalement dans le 6, bien qu'il y ait de très beaux 7 et surement quelques jolis 8 (que l'on n'a pas testés!!) réparties sur pas moins d'une vingtaine de secteurs... et il y a encore un énorme potentiel, avis aux équipeurs!!







A quelques centaines de mètres des voies, se trouve un sympathique refuge à l'ambiance cool...




Si le cadre magnifique, le spot sympa, le fonctionnement du site laisse tout de même un peu perplexe, à savoir l'accès au site est en fait payant...

Pour passer plusieurs jours sur le site, il y a deux solutions: payer 30 soles et dormir dans le refuge (dortoir+cuisine+sanitaires) ou camper à coté pour 20 soles par pers. et utiliser le gaz et la cuisine su refuge, c'est l'option que nous avons choisi... Le camping sauvage est interdit... Obliger les gens à payer un hébergement (camping ou refuge) est donc en fait un moyen masqué de faire payer l'entrée au site... En revanche si l'on vient grimper à la journée, une participation financière est aussi demandée, de l'ordre de quelques soles, donc pas très cher mais c'est le principe qui est dérangeant...
Il y a certainement de très bons arguments de protection de l'environnement derrière cela (comme à chaque fois) mais bon... restons vigilants pour que cela n'arrive pas chez nous...




Ceci dit, nous avons passé 4 bonnes journées là bas, on a pu ressentir nos premiers maux de tête liés à l'altitude le premier jour (en plafonnant dans le 6b!!!), puis enchaîner les jours suivants nos premières voies dans le 7 à 4300m d'altitude!




 
 

Le dernier jour, nous sommes montés très tôt au sommet d'une petite montagne proche du site de grimpe pour voir le soleil se lever sur les Cordillères Blanche, Noire et Huayhuash... Des belles montagnes et des couleurs magnifiques... Trop classe !


















samedi 11 mai 2013

Huaraz !




8h de bus plus tard, nous sommes arrivés à Huaraz à 6h ce matin. Huaraz est situé au pied de la Cordillera Blanca, d’ici on aperçoit quelques sommets : Huascaran, Huandoy… mais nous sommes encore loin des entrées aux différentes vallées… Nous sommes à 3100m d’altitude et il fait quand même super chaud !
Huaraz ne semble pas être une ville très jolie, en revanche c’est assez animé! 
Elle a été presque été complètement détruite dans les années 70 par un tremblement de terre. Les maisons sont en briques à toits plats et possède en général plusieurs étages…


En arrivant, nous allons nous balader, et partons à la recherche d’infos…  La casa de guias nous renseigne sur plusieurs points, par contre peu d’infos sur les conditions car nous sommes en tout début de saison et les sommets n’ont pas encore été trop parcourus cette année…


A présent, notre objectif est de s’acclimater correctement à l’altitude afin de pouvoir tenter quelques sommets.  Pour cela nous partons dès demain grimper à Hatun Machay, un site d’escalade sportive, situé dans la Cordillera Negra à 4300m d’altitude ; passer quelques jours là haut devrait nous faire le plus grand bien !

Suivant comment on se sent là haut, et ben… on avisera pour la suite !

Des besos á vous !





On y est !


Après une petite escale de 13h en Espagne, nous avons eu le temps de visiter Madrid, et une douzaine d'heures de vol, nous voilà au Pérou !

C'est vrai qu'elles sont belles les montagnes, ici !... (chercher l'erreur !)


Nous sommes arrivés à Lima en tout début de matinée, ce qui nous a laissé la journée d'hier pour faire un tour dans le centre ville historique de Lima, le temps est gris et on sent bien à l'air que l'on est au bord de la mer...
Nous parvenons à prendre le métropolitano (qui n'a rien d'un métro d'ailleurs) avec l'aide de locaux, il faut bien l'avouer! Nous traversons la Plaza San Marti avant d'arriver sur la Plaza de Armas, Plaza Mayor de Lima, tout autour différents bâtiments administratifs et politique, dont le palais royal où nous assistons à midi à la relève de la garde, fanfare, marche au pas et compagnie!





Nous goûtons nos premières empanadas (sorte de chaussons salés) et notre premier Inka cola (boisson gazeuse jaune fluo au goût de chewing gum) : on est contents !



 Nous partons ensuite à la recherche de la gare routière (il n'y en a pas vraiment mais certaines compagnies ont leurs bureaux sur une même rue) afin de se renseigner pour prendre un bus pour Huaraz.
Il y a des bus "cama" (lit), "semi cama" ou normaux. Nous avons droit à chacun un sac de 20kg et à un petit sac à main, nous paierons surement un supplément pour le sac que nous avons en plus... Nous optons finalement pour un bus avec des sièges normaux de nuit pour le lendemain, départ prévu à 22h30, c'est le moins cher : 40 soles pour 8h de bus !

Nous allons ensuite faire un petit jeu de piste dans Lima ! Nous partons à la recherche d'un endroit où il est possible de trouver des renseignements "montagnes" ( infos lues dans le Lonely planet)...
Règles du jeu:
Pour cela, on dispose d'un plan simpliste, faux et incomplet, du nom de "l'agence" (que personne ne connait bien sûr), d'une vague adresse  et du nom d'une grande avenue proche... ça promet !
 Les noms des rues ne sont  pas souvent marqués, certains noms ont changés, les gens n'utilisent pas les mêmes noms que sur le plan (souvent les anciens noms), le temps de la partie est illimité (heureusement!!) mais il y a aussi le joker "demande d'aide à un local", on peut l'utiliser autant de fois que souhaité, on se s'en prive pas, SAUF QUE...

On nous avait prévenus... Demander son chemin à un péruvien peut parfois faire tourné en rond !
On le saura maintenant la question à ne pas poser : "C'est Pérou qu'il faut aller?"
Même s'il n'ont aucune idée de la direction à suivre et ben il nous en indique quand même une ! On tourne comme ça pendant deux bonnes heures, on fini même par utiliser la boussole !!!
Alors qu'on allait presque abandonner, un taxi nous invite à monter gratos et nous comprenons que les deux premiers numéros des maisons correspondent au numéro du district où elles trouvent : le numéro étant 1152 il nous emmène donc vers le cuadro 11, malin !!!! (sans lui on y serez encore !)
Le gag c'est qu'on a beau être devant la bonne maison cette fois et pourtant rien.... "ah si ! Regardes !"


... Un minuscule papier plastifié indique : "Trekking et Backpacking Club, TEBAC" dans l'angle de la porte, on se marre, et on sonne...
Nous faisons notre première rencontre, Miguel, bon connaisseur des montagnes de son pays, surement guide ou accompagnateur, il travaillait à l'ancien office du tourisme et à récupérer des vieilles brochures d'informations qui allaient partir à la poubelle aux gens qui viennent sonner chez lui, il comprend pas : "nadie viene aqui !" Tu m'étonnes, ça fait juste plus de 2h qu'on cherche, héhé!
Bref, il nous fait entrer chez lui, nous montre des cartes, des itinéraires de trek, l'emplacement des camps, nous donne des bonnes adresses, nous file des brochures sur Huaraz mais aussi sur le reste du pays où nous irons plus tard (Cuzco, Puno, Arequipa...), on le trouve vraiment cool ! Nous reviendrons le voir à notre prochain passage à Lima !
Après avoir épinglée une aiguille à l'emplacement des Pyrénées sur la carte du monde accrochée au mur, qui marque la provenance des visiteurs, nous le suivons jusqu'à une rue proche où on pourra monter dans un bus (déjà faut  il savoir lequel) pour rentrer à notre hôtel car il est déjà tard !


Il arrête un bus, on se jette dedans, c'est bondé, ça secoue dans tous les sens, ça klaxonne, il y a des embouteillages, il fait nuit et on ne sait pas il faut descendre... Au bout d'une demi heure, je commence un peu à m'inquiéter, on a peut être dépassé Miraflores... finalement quelqu'un nous dit de descendre, et ben parfait ! L’hôtel est là ! Et voilà une première journée bien remplie !

Après un petit repas, et une grande bière Péruvienne, il est 22h, on est défoncé, ça doit être le décallage horaire (et oui pour nous il est 5h du matin) à moins que ce ne soit la bière !

Hasta luego !




lundi 6 mai 2013

Prêts ! Partez !

Voilà quelques semaines que les billets étaient pris, quelques jours que l'on s'agitait dans tous les sens : lecture des topos, recherche de cartes, photocopies, coups de fil à la recherche d'infos, emails, assurances, vaccins, récupération de matos d'occasion aux quatre coins de France, achats, test du nouveau matériel, listes, révisions manips, pharmacie...









Et voilà que depuis quelques heures, nous sommes passés en mode : sacs... balance... passeports... billets... sacs et encore balance!


Mais ça y est, cette fois c'est bon : on est prêts (enfin presque!), décollage dans quelques heures, c'est parti pour l'aventure!

Direction Madrid puis Lima!!




Merci à tous pour votre aide, vos prêts et ces précieuses infos!



à bientôt !

Mixte version Pologne

ça date déjà un petit peu, mais j'ai bien aimé cette petite vidéo "made in Juju".
Elle donne un bon aperçu du style de grimpe, des conditions, de la météo et des paysages et de l'ambiance rencontrée en Pologne dans les Tatras lors de notre séjour au mois de mars dernier... Bon ce jour là, c'était quand même particulièrement humide mais on a bien rigolé !






 Un compte rendu plus détaillé et très bien fait est en ligne sur le blog de Julien, des photos, des vidéos et un récit du voyage (au top ce Crampou!), c'est ici :



mercredi 1 mai 2013

Vive les vacances !


Un petit tour à Archiane...

   Toujours trop de neige pour aller en montagne... Nous continuons avec Bastien notre petit tour dans le Diois... Nous avons déjà tout les deux grimpé à Archiane mais jamais ensemble, c'est l'occasion!


P'tit dej à Die
Pour choisir la voie, ce n'est pas difficile ! A savoir : Bastien dispose dans sa bibliothèque d'un seul et unique topo : "Itinéraires d'un grimpeur gâté" de Philippe Mussato... avec ça on est sûr de ne pas se tromper!

Nous ouvrons donc le fameux topo au chapitre « Archiane », une des premières voies qui nous interpelle est "Oléos", voie ouverte en solo par l’auteur lui-même en 2009… « Belle voie, itinéraire très esthétique » dit le topo alors pourquoi pas?  Voyons les cotations : 6c+ 6c 6c+ 6b+ 7a 6c+… et comme ça sur 400 m, on referme aussi vite le bouquin en se disant que c’est vraiment trop dur pour nous, en tout cas trop soutenu…mais ça à l’air cool…oui mais c’est dur… mais ça doit quand même être sympa… on reregarde de plus près…  On se jette un coup d’oeil : « Allez on tente !! »



... une vire coupe la moitié de la face, c’est un échappatoire… la voie est équipée… bref on ne craint rien !

Bastien vient d’investir dans un petit brin de corde de 7 mm, pour pouvoir grimper avec une corde simple en grande voie… On décide donc de tester cette technique, qui après essais, se révèle super agréable ! On décide d’utiliser le petit brin pour hisser un sac afin que le second se fasse plus plaisir et ne se fatigue pas trop…

« Une vire ? Hisser un sac ? …et si on dormait au milieu de la voie sur la vire ? »
L’idée nous séduit rapidement, ce sera l’occasion d’apprendre quelques manips de corde que l’on n’a pas l’habitude de faire (hisser un sac un peu lourd, gérer les cordes au relais…) mais ce sera aussi le moyen de répartir les difficultés sur deux jours ce qui nous semble plus raisonnable…

Bidon d’eau de 5 L, nourriture, duvets, tapis de sol, vêtements…, chacun d’eux trouvent sa place dans le sac de hissage…


C’est sous un soleil de plomb que nous attaquons l’approche en fin de matinée, on tombe le T-shirt et même le pantalon pour Bast ! 

... 1 h 30 plus tard, nous sommes au pied de la voie, les premières longueurs sont déjà passées à l’ombre… ce n’est pas plus mal !


Bastien dans L2
J’attaque la première longueur en 6c+ qui me réveille rapidement les doigts, les prises sont petites et le caillou pas dément. Arrivée au relais, je galère pour hisser le sac, ça frotte pas mal, et surtout je m’y prends comme une patate! Bastien repart pour une très belle longueur toujours 6c+ et toujours aussi fine. Les longueurs suivantes sont très verticales dans du caillou tantôt sculpté, tantôt hyper abrasif digne de Taghia : vraiment magnifique! La fissure dans le toit en 6c nous secoue bien les bras, nous continuons d’enchaîner les longueurs suivantes et ça déroule plutôt pas mal !

Départ fin pour L3




Bastien en fini avec la fissure dans le toit en 6c
La vire se rapproche et la lumière décline peu à peu… Je pars dans L7, dernière longueur avant de déboucher sur la vire. Je parviens tant bien que mal à grimper la quasi-totalité de la longueur mais 2 m sous la vire, je suis bloquée par un pas de bloc : impossible de clipper le dernier point et de prendre pied sur la vire, j’essaie à droite, à gauche, avec pédale… rien à faire ! 
La nuit va bientôt tomber et je suis toujours pendue à ce p…. de spit ! J’imagine alors des solutions qui frisent le ridicule : lancer la corde autour d’un petit pin situé au-dessus, je dois avoir l’air tellement désespérée que Bastien me suggère même de lancer le crochet goutte d’eau, sait-on jamais s’il venait à s’accrocher quelque part !!! Bref c’est le sketch ! 

Je fini par redescendre au relais et laisser la place à Bastien qui parvient à sortir grâce à un mouv d’allonge…
Arrivés sur la vire, nous ne perdons pas de temps car il fait de plus en plus sombre, l’idée est de faire la longueur suivante pour avoir la corde installée pour le lendemain matin… Mission accomplie ! 


Nous pouvons (enfin) installer notre petit bivouac 4 étoiles avec vue imprenable !



Après une bonne nuit et un p’tit dej’ de roi, nous sommes remotivés à bloc pour continuer cette belle voie!

Au réveil !



Un petit 7a de bon matin, voir 7b, très beau mais on reviendra une autre fois pour l’enchaînement, et c’est reparti pour une deuxième journée !


Belle longueur 6c+ bien dalleuse

Si la première partie de la voie était plutôt déversante et physique, la seconde s’annonce plutôt verticale et plus technique, le 6c+ suivant est "verdonesque", s’ensuit encore des belles longueurs soutenues dans le 6c parsemées de traversées tantôt à droite, tantôt  à gauche… L’avant dernière longueur se redresse et le caillou fait un peu flipper !!




Enfin nous débouchons sur le plateau, heureux… très heureux !


 La neige est encore là et nous nous retrouvons dans des pentes à chercher les rappels en basket, un caillou à la main… niquel…


Deux rappels plus bas, nous prenons pieds dans le grand couloir de descente où… surprise ! Il y a encore de la neige aussi ! Nous ferons donc un rappel de plus qu’en temps normal avant de pouvoir continuer la descente dans cet immense couloir de cailloux qui roulent dans tous les sens… un régal !


















C’est avec plaisir que nous retrouvons le confortable sentier des « carnets d’Archiane », le village puis la voiture !

Un peu fatigués, certes, mais super heureux d’avoir parcourus cette magnifique voie et d’avoir partagé encore des très bons moments ensemble !