lundi 10 mars 2025

Le V de... Vacances !

En décembre, c'était retrouvailles entre nomades !

L'un a profité de ses congés annuels de petit fonctionnaire, a quitté les Alpes enneigées et a pris la route du sud avec sa maison sur roulettes, l'autre a enfin mis un point final à sa saison estivale de guidette (en décembre, il était temps !) et a laissé sa maison de toile.
Soleil, camion, beau rocher, amis, bonheur et petits coeurs qui volent : deux semaines de VRAIE vie !

Les pépettes en vacances à la mer !


Plage en novembre, mille feuilles de Gore-Tex et doudounes, frontale vissée sur le casque, vue sur une mer agitée à très agitée, dauphin qui dort debout pour mieux voir les étoiles, vent à faire des nœuds dans tes cheveux, embruns salés sur un coin de la figure, (mais grand sourire sur l'autre coin), beau rocher (bien qu'un peu grassouillé), belles voies, super délires, seules au monde...






Deux journées au pas de course parce qu'il n'y a pas une minute à perdre dans la vie !
(On a évité le mal à le genou, la pizza au jambon et au centre commercial et les coups de soleil !)
Aller bisous et bien le bonjour au grec !

Pour quelques instants avec toi...

Il y a des journées qu'on ne voudrait jamais vivre, pourtant quand la vie ou la mort en décide autrement alors c'est à celles- ci qu'on aimerait qu'elles ressemblent.

En juillet 2022, alors que l'on pédalait en Arménie, je recevais un message de Flo. Je n'oublierai jamais ces trois phrases. "Marine a eu un grave accident. Elle y est restée. C'est fini."
En quelques secondes, une partie de mon monde s'écroulait. Finis tes grands yeux bleus et ton air malicieux, finis les fous rire, les blagues et la grimpe entre copines, finis les collants à étoiles et les combats dans les off-width, fini le grand huit à Las Vegas et les m&m's aux relais.
À l'autre bout de l'Europe, j'étais bien loin et si seule avec ma peine mais je fis une promesse. Je promis qu'un jour, je reviendrai (j'ai juste choisi le chemin le plus long, c'est vrai...), je viendrai visiter tes montagnes, je viendrai grimper cette voie, que Flo m'y guiderait et que je viendrai faire la connaissance de ton amoureux.
Fin novembre 2024, ma saison "estivale" touche enfin à sa fin, je prends la direction du Mercantour, non sans un mélange d'émotion, d'appréhension et d'excitation. De grandes retrouvailles avec Flo, un déjeuner en compagnie de Serge, ton papa et de Marc, ton amoureux tapisse mon cœur de douceur : je suis prête.
Dans son agenda hyper chargé, Flo a une seule petite journée de dispo mais nous sommes ultra motivées pour l'optimiser.
Là haut, au sommet de la Cougourde, c'est déjà presque l'hiver. Les cimes sont saupoudrées de neige, vent fort et températures quasi polaires annoncés, - 18 °C température ressentie !
Évidemment, on compte sur l'orientation Sud Est de la face, sur les rayons d'un doux soleil d'automne et sur notre enthousiasme débordant pour réchauffer l'atmosphère.
Nous enfilons une demie douzaine de couches de vêtements et remplissons quelques thermos de thé bien chaud.
En chemin, quelques noms connus de lieux, inconnus pour moi, parsèment la conversation : le "Coucou", le Boréon... Et puis la Cougourde apparaît : beauté !


Durant trois heures d'approche, mes jambes sont lourdes et mon cœur serré. Dans le ciel, les nuages circulent à toute allure, il fait glacial.
Au pied de la face, nous nous emmitouflons dans nos plus grosses doudounes violettes, nous donnant des airs de deux prunes en cavale. Capuche enfoncée jusqu'au nez, gros gants, grosses chaussettes, on est loin des températures d'un certain 7 juillet 2022.



Dans les premiers mètres d'escalade, nos gestes sont malhabiles et les premiers pas d'équilibre sont quelque peu hésitants, puis nos corps engourdis par le froid se délient peu à peu.
La suite se déroulecomme une partition presque parfaite. Flo me guide à merveille dans cet itinéraire qu'elle connaît bien, nos mains agrippent le gneiss, nos gestes déroulent, nous avalons les longueurs une à une.



Pas de temps à perdre, nous avons rendez-vous plus-haut. Quelques éclats de rire fusent, quelques larmes coulent, nos yeux brillent, de grands sourires illuminent nos visages et nos coeurs battent fort !
Offrande de quelques m&m's colorés au pied de la vire fatidique, gros câlin, blagues et sanglots. On a aussi promené quelques uns de tes mousquetons, ils ont pris l'air et ont eu l'air d'apprécier !
Tu étais là, pas loin, à nous observer avec ton air espiègle. On le sait !




Dans la tempête de vent, nous avons fait flotter quelques jolies couleurs pour toi, là haut au sommet et t'avons laissé un petit mot bien ancré.
Le lendemain, une tempête de neige s'abattait sur le massif, l'hiver arrivait... Le hold-up parfait !


Flo, merci infiniment pour ces instants suspendus, ces moment hors du temps et cette amitié précieuse. Dans la vie, il y a des jours magiques que jamais on n'oubliera celui ci en fait partie !

Dans leur jardin...

Dans leur jardin...

Dans leur jardin, il y a un ruisseau qui se fraye un chemin dans des gorges encaissées,
Il y a un sentier qui chemine à flanc de montagne entre chênes, châtaigniers, bruyères arborescentes et dalles rocheuses inclinées,
Il y a des parois, des arêtes et des piliers vertigineux, il y a du gneiss et des cristaux qui scintillent,
Il y a des mouflons qui volent, des milans qui bêlent et des châtaignes plein nos poches.
Il y a des vestiges d'antan, des terrasses et des murs de pierres sèches, des anciennes charbonnières et des pitons qui ont vu passer d'illustres grimpeurs.

Dans leur jardin, il y a des paillettes de bonne humeur qui volent partout. Ici, on part à l'aventure autant qu'on plaisante : la grimpe, ce n'est pas sérieux, c'est juste un jeu !
On saisit le rocher à pleines mains, on embrasse le caillou à bras ouverts et on use ses doigts sur chaque aspérité.
On joue aux équilibristes sur le fil d'une arête aérienne, on enjambe le vide comme on sauterait à la marelle et par un itinéraire astucieux, on finit toujours par rejoindre le sommet,
On ne manque alors pas d'embrasser ses compagnes et compagnons du jour, et de les remercier.
Et puis il y a un ravin à redescendre et une maison à rejoindre...

Dans leur jardin, il y a des centaines de tas de bois, quelques anciennes ruines reconstruites par leurs soins et de la fumée qui s'échappe de quelques braises encore tièdes.
Et puis il y a un petit cabanon devant lequel, un vieil homme attend.
Bernard et ses yeux rieurs qui pétillent, Bernard et son sourire jusqu'aux oreilles, Bernard et sa main en miette qui l'oblige à rester là sinon, pour sûr, aujourd'hui, il aurait été de la partie !
Sur la terrasse, il y a Jacotte, son charmant sourire et ses jambes en compote. Suivant l'horaire tenu (ou non) elle ne manque pas de vous féliciter ou de vous demander d'un air espiègle ce qui a bien pu se passer pour avoir tant traîné !

Chaque paroi, chaque voie, chaque passage, chaque piton, chaque relais: ils n'ont rien oublié ! Ici on a dessiné tout un tas de voies sur le gneiss Carousien, on a grimpé entre jeunes frangins avec une corde en chanvre de 20 mètres à la taille et deux pitons en poche et on a fait des relais sur... Des bouquets de marguerites.
Voilà ce qui arrive quand on grimpe en couple et qu'on est romantique !
Désormais, on grimpe, ils observent, ils imaginent, ils attendent, ils accueillent...
Au petit matin, Bernard et Jacotte guettent les grimpeurs qui viennent se garer dans leur champ, qui partent à pied et s'enfoncent au loin dans le bosquet, qui grimpent ce fantastique pilier et en fin d'après-midi, ils attendent impatients leur retour.
Une délicieuse odeur de châtaignes grillées au feu de bois plane alors dans l'air, le café est chaud, les bières sont fraîches et les petits biscuits sont prêts pour le goûter.

On raconte alors l'escalade du jour et celles des temps anciens, on sort les vieux topos, on écoute avec délice mille et une histoires toutes plus farfelues les unes que les autres, on voyage du Piz Badile au Campanile Basso et puis on revient toujours au Pilier du Bosc !
On rit, on vit !
Bonheur.





[ L'anecdote du jour ]

Un petit matin frais de novembre, Marine, Mendy, Maïté, Aude, Juliette et moi, sommes tranquillement en train de petit déjeuner laissant le soleil réchauffer le rocher des parois alentours quand un parfait inconnu d'un certain âge s'approche de nous.

Il nous demande tout d'abord si l'on grimpe, puis si l'on est du caf et enfin s'il y a un initiateur avec nous...
Puis l'air aussi intrigué que contrarié, il finit par nous poser cette "drôle" de question :
"Mais qui s'occupe de vous ?!"
Nous aurions pu pouffer de rire ou le découper en rondelles illico et puis finalement... À quoi bon ?
Alors nous avons fait comme tous les jours précédents : nous avons remplis nos sacs à dos, nous avons marché en direction de la paroi du jour et trouvé le pied de la voie. Nous avons grimpé, cherché notre chemin vertical, posé nos petits friends pour éviter de dégringoler jusqu'en bas, nous nous sommes appliqué à faire de beaux relais et surtout nous avons bien rigolé. Nous avons parlé des règles douloureuses de l'une, des amoureux de la seconde, des murs de la maison cassées à la masse par la troisième, de voyages au bout du monde, de contraception masculine, de l'escalade trad au Royaume Uni, de culottes menstruelles, de techniques pour aller faire de l'artif seule en s'auto-assurant...
Et vous savez quoi !? Et ben... on était bien tranquilles !
Personne ne s'est noyé en traversant le mini ruisseau, aucune de nous ne s'est perdue, personne n'a pleuré pour rien et on n'a pas fait pipi toutes les 10 minutes !
Et oui, en 2024, c'est comme ça ! Il va falloir s'y faire !

Des patates aussi !

Samedi, des patates,
Dimanche, des patates,
Lundi, des patates,
Mardi, des patates,
Mercredi, des patates,
Jeudi, des patates aussi !




Quelques tonnes de patates, des cheminées profondes, de beaux murs, des vautours intrépides, 5 jours de liberté absolue, deux vans, des petites guirlandes lumineuses, quelques feuilles de papier et des pinceaux...
4 grands sourires et 4 paires d'yeux qui pétillent !

Viva la vida !











{Invitation au voyage}

Un voyage en N&B, ça fonctionne aussi...








Un autre jour au paradis

... Des tours rocheuses renversantes, un soleil qui brille, des nuages qui joue au petit train, quelques vautours qui tournicotent, des bonbons multicolores au relais, des grands sourires et des rires qui fusent !

Que les bonnes ondes de ces journées durent encore et toujours avec les championnes de ces moments "bonheur" !


... Et comme dirait Manu C :
"La vida es una tómbola, de noche y de día
La vida es una tómbola, y arriba y arriba"

[ Escalade graphique ]

Certains font carrière dans la grimpe quand d'autres grimpent dans la carrière...