dimanche 10 août 2014

Session brassage

De retour à Chamonix, après quelques jours de repos en Pays de Loire... (eh oui, au moins là bas je n'ai pas été tentée de grimper partout!), la météo ne semble pas avoir franchement changé.  
De petites chutes de neige quasi journalières et mon genou en vrac nous compliquent la tâche pour trouver des objectifs.

Finalement nous optons pour le Chardonnet, pour y être déjà passé au pied à plusieurs reprises, et n'être encore jamais montés sur ce beau sommet!


La marche d'approche pour nous rendre au refuge Albert 1er sera un premier test pour mon genou: ça passe! 

Le lendemain: réveil matinal, le Migot nous attend! 

Ce bel éperon de 500m remonte la face nord du Chardonnet et mène directement au sommet, offrant quelques passages de mixte.

Il a pas mal neigé ces derniers jours, un bon paquet de neige nous attend et nous en sommes bien conscients... On y va et on verra!




La neige porte relativement bien tant que nous sommes sur le glacier, l'histoire se corse un peu quand nous remontons la pente pour rejoindre la rimaye. 

Au lever du jour, nous sommes au pied de l'éperon, il n'y a aucune trace. J'attaque les premières longueurs en mixte puis je rejoins le fil et les pentes de neige et là, ça se complique carrément... Je comprends que le thème de la journée sera "brassage"! 
Il est encore tôt, il ne fait pas hyper chaud et déjà je m'enfonce un pas sur deux jusqu'aux cuisses! 
J'ai l'impression de nager... (et vu que ce n'est pas mon fort...) la journée va être longue! Il fait beau, on a le temps!
La cordée qui nous suit est plutôt contente d'avoir toutes ces marches... Ce qui nous vaut pas mal de "danke schön"!!


Nous rejoignons à nouveaux des passages en mixte et ça roule un peu plus. Le court passage en goulotte est heureusement en bonne neige/glace... Je passe le relais à François pour la suite et on se retrouve bien vite au sommet!







Le plus dur reste à faire: la descente! Le début est encore à l'ombre et c'est tant mieux! La neige est encore dure et c'est bien appréciable pour tout ce dénivelé dans ces pentes assez raides sans perdre trop de temps! 



Quelques rappels nous ramènent au col entre le Chardonnet et l'aiguille Adams Reilly où là, le soleil cogne dur! La neige est archi molle. On brasse. On hésite. La pente est raide, la neige lourde. On tente un coté puis l'autre. On perd pas mal de temps. Finalement on prend l'option "chasse neige"! Je descends en premier en étant encordée en longeant le rocher et en posant des points, essayant de purger un maximum et de faire partir le plus de boulettes possible. 
Une fois la rimaye passée, nous continuons de creuser une tranchée sous un monstre "cagniard" en direction du refuge! 

On fini par y arriver et reprenons la direction de la vallée! 





Heureux d'avoir réalisé notre première course de l'été (enfin!) où finalement la descente aura été plus éprouvante que la montée: ça change!

dimanche 3 août 2014

tmb


Juillet, en ce début d'été: Chamonix rime avec parapluie... Les vacances commencent et la météo annonce du temps maussade à perte de vue...

Avec ces conditions, pas grand chose à faire en montagne et de toute façon je suis seule... 
Les conditions parfaites (selon moi) pour aller piétiner enfin ces quelques sentiers qui me tentaient depuis déjà un moment... Le tour du Mont Blanc... Visiter le massif du Mont Blanc en en faisant le tour, voilà de quoi occuper quelques journées... 

Si les quelques topos que je feuillette rapidement la veille du départ donnent la boucle en une dizaine d'étapes (11 exactement),  des liaisons en benne ou en navette, indiquent différents refuges; je suis bien décidée à tenter le tour en moins de 10 jours, tout faire à pied, et éviter les "refuges-hôtels".
De bonnes heures de marche en perspective, parfois sous la pluie et toujours seule...

Bon, l'expérience ressemble plus à une partie de bourrinage qu'à de la grande randonnée mais enfin... je me régale! 

C'est aussi agréable de marcher seule, de découvrir de nouveaux coins, de partir le matin sans savoir où on va dormir le soir, de pousser l'étape aussi loin que possible (peut être un peu trop parfois...).




Bref, il m'aura fallu trois jours et demi pour relier Les Houches au col de la Forclaz. Un jour de marche supplémentaire suffirait à boucler la boucle jusqu'aux Houches mais une bonne grosse douleur au genou, déjà présente depuis quelques jours, m'oblige à stopper là l'aventure si je ne veux pas me ruiner la suite de mon été (si ce n'est déjà fait...)

En suivant ce sentier bien populaire, je découvre un joli parcours, et contrairement à ce que j'aurais pu craindre, je ne suis pas embêtée par la foule.

... Montée dans la bruine des Houches au Col de la Voza, remontée au joli col du Tricot, galoper en descendant jusqu'aux Chalets de Miage, regrimper jusqu'au Chalet du Truc... Découvrir les contamines et son jardin Samivel...



... Cheminer jusqu'à notre Dame de la Gorge et grimper enfin jusqu'au Col du Bonhomme, Col de la croix du Bonhomme puis refuge du même nom... 

Col des Fours

... Découvrir le Col des Fours au lever du jour, manquer de se faire croquer les mollets par les cleps de la Ville des Glaciers, subir la longue montée au Col de la Seigne. C'est l'Italie! 




...Descendre, descendre, descendre... l'interminable Val Veny... Remonter encore au Col Chécrouit et surplomber enfin Courmayeur... 
Traverser Dolonne puis Courmayeur pour zigzaguer jusqu'au refuge Bertone et trottiner du beau refuge Bonatti à l'Arp Nouva sous l'orage, descendre au fin fond du Val Ferret...



Certains reconnaitront...
Grand Col Ferret et voilà la Suisse! La Fouly, toujours sous la pluie... Nuit à Prat de Fort chez de sympathiques locaux... Goudron jusqu'à Champex, trempée jusqu'aux os! Montée jusqu'à Bovine et longue descente à cloche pied jusqu'au Col de la Forclaz!

... De toutes ces bêtises, on en tire quand même quelques enseignements, comme quoi tout peut être formateur!


Fin de la première journée...
Jour 1 : Les Houches - Refuge de la Croix du Bonhomme

Pour se trouver un rythme de marche rien de tel que de se retrouver au beau milieu d'un trail et de galoper sur une partie du parcours avec des coureurs en chaussettes hautes. 
Après 3000m de déniv' ce premier jour, tu te dis que la prochaine fois, tu t'équiperas plutôt de baskett et d'un sac léger!


Col de la Croix du Bonhomme
Jour 2: Refuge de la Croix du bonhomme - Courmayeur
Si tu penses que les montées te déglinguent les jambes et les pieds, essaie plutôt le plat: c'est pire!


Le Val Veny (Italie)
Jour 3: Courmayeur - Prat de Fort
Pas facile de trouver un rythme de marche. Je me rend compte que marcher seule, c'est marcher vite. Mais marcher seule et sous la flotte: c'est courir!



Jour 4:Prat de fort - Col de la Forclaz
Trop bourriner, ça fait mal!



Jours 5,6,7,8,9,10,11, 12, 13................  REPOS bien mérité!


jeudi 26 juin 2014

Solstice d'été aux 3 arêtes

 
..."La traversée des trois arêtes classiques du Balaïtous est, lorsque celles-ci sont enchainées dans une même course, une aventure exceptionnelle." De Bellefon.

Arête Nord-Ouest, Arête de Costérillou, Crêtes du diable... Une aventure exceptionnellement longue... 

Alors autant choisir les jours les plus longs de l'année!
21 juin, premier jour de l'été et en plus, qui sait, il y aura peut être un concert sympa là haut pour la fête de la zique!

Nous voici donc embarqués pour deux bonnes journées à chevaucher les 2,5 km d'arêtes du "Bala" avec Sylvain, toujours prêt pour une bambée.

 
 
Dans nos sacs, au matériel de bivouac, nous ajoutons les crampons et le piolet, il reste encore pas mal de neige en ce tout début d'été...

Il est déja tard quand nous débarquons dans la vallée d'Argelès vendredi soir, après quelques bières, nous fixons le rendez vous à 4h30, ça va piquer.. c'est dans pas si longtemps!

Quand nous quittons la Porte du parc et la voiture, il fait encore nuit mais le jour ne tarde pas à se lever, il fait beau et nous sommes motivés à bloc! 

Nous passons le refuge du Laribet alors que tout ses pensionnaires semblent encore endormis, nous longeons les lacs de Batcrabère encore couverts de glace puis nous obliquons pour rejoindre le pied de ce qui sera notre premier objectif: l'arête Nord-Ouest.
 
9h30, les pieds trempés après la traversée de tous ces grands névés, nous sommes prêts à attaquer!

Au pied de la Nord-Ouest
 
Tout s'enchaine comme il faut, nous n'en sommes pas à notre première visite et les souvenirs reviennent au fur et à mesure que nous recherchons l'itinéraire. Nous rejoignons rapidement l'Aiguille Lamathe et après avoir tiré le petit rappel pour en redescendre, nous continuons et parcourons la belle dalle fissurée caractéristique...





3h plus tard, nous voici au sommet au Balaïtous. Il est encore tôt et nous avons encore plus de la moitié de la journée devant nous. Nous espérons ainsi aller le plus loin possible sur Costérillou avant la nuit.
Seule ombre au tableau, et pas des moindre: la météo. Le vent s'est levé, le ciel s'est couvert et le temps est plutôt menaçant...
Nous n'osons pas trop nous poser de questions à ce sujet et continuons notre periple vers l'est...


Au sommet du Balaïtous
Nous attaquons la traversée de l'arête de Costérillou en grande partie descendante, elle semble si interminable que la Demeure Soulé (grosse aiguille qui marque la fin de l'arête) semble reculer à chaque fois un peu plus! Nous grimpons tantôt versant espagnol, tantôt versant français, le ciel est de plus en plus sombre et par moments, nous prenons même des légères averses.

 
Je ne pourrais vous dire combien de pointes, de gendarmes nous avons croisés tant il y en avaient! (...et Sylvain n'a même pas perdu de point! Il faut dire que l'on avançait pas bien vite!)... Il fait des goûttes mais on évite les flashs, c'est déjà ça!

 
Ce n'est pas bien difficile et nous ne perdons pas trop de temps en cherchant l'itinéraire: ça passe partout!

A mi parcours, l'arête devient horizontale, nous trouvons un gros tas de neige, Sylvain m'explique que dessous se trouve l'emplacement de bivouac habituel. Il est encore tôt et nous poursuivons vers la pointe de la Défaite...

Bientôt quatre petits points noirs se dessinent sur la neige, en contrebas du coté de Las Néous. On les connait ceux là!
François et ses clients qui font une école de neige! On échange quelques signes, c'est marrant! On se sent si proche et si loin à la fois...   

Finalement sans trop s'en rendre compte, nous nous retrouvons à la brèche de la Demeure Soulé, l'arête de Costérillou se termine ici. Il est 18h, cela fait 5h que nous nous baladons sur cette deuxième arête.


Un petit coin de bivouac sympa nous attend, de la neige pas loin pour faire de l'eau, c'est parfait! Il fait bon et nous sommes comme des rois! Soirée Lyoph'et nougat!


Lendemain matin, nous n'entendons pas le réveil, peu importe, le soleil levant nous réveille et nous réchauffe rapidement. Aujourd'hui, au programme, c'est Crêtes du diable, 3ème et dernière arête de cette folle traversée!


Il est 8h quand nous décollons du bivouac.
Après avoir remonté le Pic soulano, nous sommes bientôt sur le fil de l'arête très aérienne, une succession de pointes élancées nous montre le chemin en direction du sud, pourtant la recherche de l'itinéraire à suivre nous demande un peu plus de réflexion: visiblement, ici ça ne passe pas partout...

 
 
Différents ressauts nous offrent l'occasion de s'entrainer un peu à la grimpe en grosses et à poser les pieds sur les gratons. Le rocher est excellent et on se régale!

 
 

Trident Nord, Fissure en Z, Cornes, Trident Sud, Plateau des diables, Pointe Lucifer, Pointe Proserpine sont au menu de la matinée... Tout cela nous mène à la dernière canine puis au col.

C'est la fin du voyage, il est 13h!


Nous avons donc toute l'après midi devant nous pour nous massacrer les pieds et nous fumer les cuisses qui jusque là, avaient été épargnés!

...3h de descente... enfin ça c'est si on veut à tout prix s'en tenir au topo! (et c'est ce que nous avons fait!), à moins que ce ne soit l'appel de la bière qui ne soit trop fort! ... dans ce cas, prévoir de couper tous les virages et de finir quasiment en courant!!

Cirque de Las Clottes
Toujours est-il, qu'à 16h30, nous sommes à la voiture, les pieds enfin à l'air, même si eux tirent un peu la gueule , nous, on est hyper méga contents! 
 
Une belle course Pyrénéenne...

 
 
C'est quand qu'on repart??