lundi 10 mars 2025

Pierre, papier, crayon !

"Rentrer chez soi", c'est aussi une super opportunité pour découvrir ce qui y est arrivé dans la boîte aux lettres en votre longue absence...

Quelle joie d'avoir enfin ce magnifique livre entre mes mains !
Quand art et croquis d'escalade se rencontrent, autant dire que l'invitation à la rêverie est forte et que c'est du caramel pour les yeux !
J'ai suivi, depuis l'autre bout du monde, la naissance de ce beau projet Expo Croquis, je l'ai vu grandir de loin et j'ai espéré fort qu'il voit, un jour, le jour.
J’ai modestement contribué à l’œuvre collective à ma manière, envoyant quelques petits dessins griffonnés en chemin.
Et puis l'exposition et le livre sont devenus réalité grâce à l'investissement et au travail d’Eli, Rafa et Juancar.

Un très grand merci et un immense bravo à eux !
L'exposition fait désormais escale à San Sebastian et il doit bien rester quelques exemplaires de ce beau livre à se procurer par ci par là.






Aux grandes occasions, les grands moyens... Bain chaud !


"Ne jamais remettre à plus tard ce que l'on peut faire tout de suite". J'aime bien cette formule mais ce coup-ci je n'ai pas brillé pour l'honorer, heureusement qu'il y en a une autre que j'aime aussi : "Mieux vaut tard que jamais".

En 2004, 2005 ou peut être 2006, (je ne me souviens même plus vraiment, tellement c'est loin !!) lors d'un stage initiateur alpinisme ffcam (qui s'appelait encore le CAF à l'époque), je faisais connaissance avec un tas de gars sympas.
Un guide, des grimpeurs, skieurs, alpinistes et grands voyageurs... Je me souviens les observer et les écouter parler les yeux ébahis et la bouche bée !
Parmi eux, il y avait Jacky, le poisson de l'équipe. Il avait dû, tout de suite percevoir le petit chat qui se cachait en moi et ma réticence totale à toute activité aquatique puisqu'il avait promis qu'un jour il m'emmènerait en canyon. Pour moi, cela relevait davantage du défi que de la balade aquatique entre amis. Les années ont passées, j'ai grandi et je me suis jetée à l'eau à quelques rares occasions... mais toujours sans Jacky !



Pas loin de vingt ans plus tard, la promesse tenait toujours. On avait attendu des lustres et voilà qu’il ne nous fallut que quelques secondes pour faire en sorte de se donner rendez-vous le lendemain matin, de dégoter une combi à ma taille et de se trouver un objectif.
Pouvais-je espérer mieux qu'une chouette matinée avec un ami de longue date, un joli petit canyon sans saut, où on a toujours pied et parcouru par de l'eau... chaude !
Aux grandes occasions, les grands moyens. Ça ne valait vraiment pas le coup d'attendre si longtemps !

Un immense merci Jacky !

Inspiration féminine !

En septembre, j'ai eu l'opportunité de guider par monts et par vaux (et aussi par hasard !) exclusivement des cordées 100% féminines. J'ai aussi eu la chance de retrouver des clientes et amies fidèles mais également de faire de belles rencontres.

Dans le registre des femmes inspirantes, il y eut tout d'abord Françoise et Patricia, 127 ans à elles deux, formidables compagnes de cordée lors d'une belle et grande aventure en paroi de Catalogne à Montrebei. Efficacité et bonne humeur furent au rendez-vous dans chaque longueur et à chaque relais. J'aimerais tellement être dans leur forme olympique et tant motivée à leur âge !
Puis, il y a eu cette anecdote racontée par Aude alors que nous grimpions ensemble vers le Néouvielle. Lors de sa première ascension du sommet, il y a quelques années, alors qu'elle hésitait presque à continuer car la randonnée se corsait un peu techniquement, une petite fille de 8 ans s'était faufilée avec l'agilité d'un isard. Au sommet, elle avait, avec assurance, fait un tour d'horizon, citant tous les noms des sommets environnant un à un. Il faut dire qu'en 8 ans de vie, elle en avait déjà gravies au moins la moitié ! À la descente, elle expliqua aux randonneurs qui se trouvaient là, comment se deplacer en baskets sans se casser le nez, sur la neige dure des névés récalcitrants. À l'heure qu'il est, on s'est demandé au camp de base de quel molosse, pouvait elle bien se trouver désormais !
Et puis, il y a eu ces trois jours en compagnie de Justine, Flo et d'Alice, trois jeunes mamans, aux Mallos de Riglos. Des parois aussi belles que déversantes, aussi attirantes qu’impressionantes.
Riglos, c'est bien connu pour mettre à bien rude épreuve les biceps des grimpeurs même les plus affûtés.
Alors autant dire que lorsqu'on a des enfants en bas âge et qu’on travaille à plein temps, j’imagine que les séances de grimpe peuvent s'en trouver quelque peu espacées les unes des autres et que l'entraînement peut même devenir carrément anecdotique.
Pas de quoi décourager ces trois super nanas qui m'ont impressionnée par leur détermination et leur légèreté même dans les plus gros dévers !
Mention spéciale à Flo, toujours en congé maternité (une première pour moi à l'encadrement, à quand les courses avec guide remboursées par la sécu !) et à Alice pour nous avoir guidées jusqu'au sommet du Mallo Frechin.

Un grand merci aussi à Justine d'avoir pensé à moi pour les accompagner dans ce long week-end versant sud et loin de la marmaille !
Merci à toutes pour l'inspiration !




Ciao septembre !

 Et voilà !

Octobre est déjà là, l'automne meurt d'impatience de pointer son nez et moi j'aurais voulu rester encore un peu en été !
Merci septembre pour tous les sourires que tu as apportés avec toi !










Bienvenue au pays de cocagne

Pays de cocagne : Dans l'imaginaire de certaines cultures européennes, une sorte de paradis terrestre, une contrée miraculeuse où la nature déborde de générosité pour ses habitants et ses hôtes. Loin des famines et des guerres, Cocagne est une terre de fêtes et de bombances perpétuelles, où l'on prône le jeu et la paresse, et où le travail est proscrit.

[Notes personnelles :
J’ajouterais que le travail ici, prend des airs de fête et que niveau paresse, mieux vaut ne pas être trop ramollo ! Quant au jeu, évidemment c'est cadeau !]
Pays où l'on a tout en abondance (beau rocher, patates, cervezas, biceps fumants, bonne humeur et vautours intrépides)
Synonyme : eldorado, paradis.

Montrebei, mon amour !

Un voyage à Montrebei, c'est un peu toujours la même (belle) histoire.

Ça commence toujours à peu près pareil... Excitation maximale à l'idée de retrouver cet endroit magique et cette ambiance de rêve !


Ça continue un peu plus modestement quand, au petit matin, on se sent minuscule au pied de cette immense paroi. C'est raide, compact et plutôt impressionnant.
Ça se poursuit ainsi : mètre après mètre, longueur après longueur, à pas de fourmie... Le sol s'éloigne sans que le sommet ne se rapproche vraiment franchement. Les toits sont contournés un à un, les zones les plus compactes sont évitées de justesse, les parties en rocher délité sont contournés au mieux et les difficultés sont franchies avec plus ou moins de brio et d'élégance.





Et puis enfin, quelques heures plus tard, quand les derniers rayons de soleil s'apprêtent à venir lécher le haut des parois, c'est l'explosion de joie au dernier relais !
On retire alors nos pieds de chaussons toujours trop serrés, on allège nos hanches de quelques kg de ferraille, on love les cordes, on avale enfin une rondelle de saucisson et une gorgée d'eau et puis on embrasse ses compagnons du jour. Peu importe la place dans la cordée, grimper ici est forcément un travail d'équipe !

Désormais, rien ne compte plus que cet instant précis : savourer le moment présent.
La marche sur ce grand plateau quelquefois parsemés de mes fleurs préférées est l'épilogue parfait à l'aventure.
Un caillou glané en chemin ne tarde pas à venir grossir le cairn sommital. Je ne suis ni traditionnaliste ni superstitieuse mais j'avoue honorer avec plaisir cette coutume là à chacune de mes visites.
Et puis... À chaque fois, je me pose cette même question : est ce que derrière chaque petite pierre de cet édifice minéral se cache un grimpeur aussi heureux que moi aujourd'hui ?

"Dos tontos muy tontos", Ager



La paroi d’Ager, c’est un peu le Montrebei des bisounours !
Joli caillou, peu d’approche, voies où il faut rajouter juste ce quil faut pour se protéger, belle grimpe, paroi ensoleillée et descente easy...
Une belle journée en bonne compagnie !



Quand on aime, on ne compte pas... les kilomètres de marche !

"Quand on aime, on ne compte pas..." les kilomètres de marche dans les cailloux !

Une semaine dans le massif du Néouvielle :
Samedi : Arête Ferbos avec les gros sacs et dodo au frais au sommet du Pic des trois conseillers

Dimanche : Poursuite de l’aventure itinérante par l’arête des trois conseillers et sommet du Néouvielle

Lundi : Voie Immortela jusqu'au sommet du Néouvielle

Mardi : Une 2ème visite de l'Immortela et un 3ème sommet du Néouvielle

Mercredi : Grande voie à la muraille de Cap de long

Vendredi : Retour à Cap de long entre les gouttes

(Et le jeudi alors ?! C’était retour en vallée pour une découverte du Cap d’Aou et de l'éperon Lechêne)
Merci à Julia, Aude, Maité, Florence et Alexandra pour cette semaine bien remplie !











Immortelà

Partir loin et longtemps puis revenir, c'est aussi l'occasion de re-découvrir des petits coins qu'on aimait bien. Le massif du Néouvielle avec sa multitude de lacs, son granit, ses arêtes et ses parois fait parti de ceux là. J'y ai posé mon camp de base pour quelque jours, guidée par l'envie mais aussi forcée par une météo changeante.

Je n'avais parcouru l’Immortela qu'une seule fois avec mes copines de l'EPAF, il y a quelques années. Quelques mois à peine après son ouverture, à l'époque où ce n'était pas encore une voie archi classique des Pyrénées. Je me souviens avoir été séduite par cette ligne assez directe débouchant à plus de 3000 au sommet du Néouvielle, je me souviens aussi d'un beau rocher et de beaucoup de temps passé au relais à refaire le monde avec mon pote Dav mais pas beaucoup plus...
Depuis Camille Beurrier a illustré de ses pinceaux cette belle voie et Aure Vertical et Charles Perrin l'ont copilée dans un bel ouvrage donnant envie de retourner s'y balader.
Ce coup-ci, j'y ai découvert une ligne astucieuse, une très belle escalade, des longueurs variées et du rocher magnifique. J'ai aussi partagé l'aventure avec de nouvelles compagnes et compagnons de cordée. Quel plus bel endroit pour faire plus amplement connaissance ?
J'ai tellement aimé parcourir l’Immortela avec Flo le lundi que j'y suis même retournée le mardi avec Maïté ! Ce jour-là, on a même joué les guides pour Bruno et les potos pendant que Gaël nous attendait au sommet... (une journée socialement bien rentabilisée !)
Merci aux ouvreurs pour ce beau voyage et quel plaisir de retrouver les Pyrénées !



Super Mamies !

Septembre 2024,

Un an de plus au compteur et un anniversaire de plus célébré par vos sympathiques attentions : toujours tendres, souvent drôles, parfois chantantes, tantôt légères ou graves. Merci !

Un bivouac hivernal en été sur un sommet Pyrénéen, il ne faisait pas chaud mais c'était beau ! Aurais-je pu espérer mieux pour une soirée de fête ? Des milliards d'étoiles et quelques degrés en dessous de zéro...
Le froid ça conserve dit-on ! C'est que 37 ans ça commence à faire beaucoup...
Mais 37 années de vie, c'est surtout 37 ans de découvertes, d'aventures et de rencontres. Des milliers d'expériences de toutes sortes vécues, chacune d'elles ayant façonné à sa manière un peu qui et ce que je suis.
Et que peuvent bien me réserver les 37 prochaines années ?
Je meurs d'impatience de le découvrir !
J'aimerais vivre encore et encore... et en même temps si l'histoire devait s'arrêter plus tôt que prévu, je crois avoir remplie et agrémenté ma petite vie du mieux que je pouvais.
Et si l'âge ne changeait rien à l'affaire ?
Quelques jours plus tôt, sur l'une des ces parois des sierras espagnoles que j'affectionne tout particulièrement, j'ai reçu le plus beau des cadeaux d'anniversaire.
Alors qu'approcher peu à peu de la quarantaine me donnait un peu le tournis, j'eus la chance de vivre une folle, belle et inspirante aventure.
Une grande paroi dans laquelle on s'élance non sans une légère dose d'appréhension, une voie engagée au cheminement astucieux comme je les aime mais surtout une cordée de rêve :
164 ans à nous trois.
Au pied du mur, après deux heures d'approche, alors que je découvre, les yeux écarquillés, la ligne qui s'offre à nous, la formule suivante tourne en boucle dans ma tête : "Terradets, c'est pour les enfants, Roca Regina pour les hommes et Montrebei pour les super-hommes."
Et nous alors ?
Nous sommes trois femmes de générations différentes : Françoise, ma fidèle et adorée patate de 60 ans bientôt et Patricia avec qui j'ai fait connaissance la veille à peine, 67 ans et une énergie débordante.
Je suis la p’tite jeune de la cordée qui porte la lourde responsabilité de conduire ces dames jusqu'au sommet et surtout de faire en sorte qu'elles passent une bonne journée.
Je me sens un peu riquiqui au pied de cette immense paroi mais plus déterminée que jamais !
La pression pèse autant sur mes épaules que le nombre de nos printemps respectifs réunis.
Cheminer jusqu'au pied de la paroi dans une végétation piquante, débusquer la vire d'accès et le dièdre d'attaque, imaginer une ligne logique jusqu'au sommet en évitant zones compactes et surplombantes. Rester concentrée des heures durant pour ne pas perdre le fil au risque de s'égarer dans cet océan calcaire vertical, protéger ma progression quand la difficulté se corse ou que le caillou perd en qualité, assurer chacun de leurs pas lorsqu'il faut traverser à droite à gauche et aménager des relais leur offrant un peu de répit bien mérité.
Garder le rythme (et le sourire) toujours !
Quelle énergie déployée de mon côté et quelles récompenses que de les voir œuvrer avec efficacité et détermination dans les longueur et avec autant de bienveillance à mon égard à l'assurage.
Les lumières de fin de journée ont encore davantage embelli le décor lorsque l'on débouche avec joie au sommet. La nuit n'arrivera que dans quelques heures aussi nous avons encore largement l'opportunité de prendre le temps de profiter de cet instant magique.
Quel bonheur d'être là en si bonne compagnie ! Les sourires sont immenses, les yeux brillent autant que les bras sont lourds et les pieds douloureux !
Durant la longue remontée vers le plateau sommital puis la raide descente qui s'ensuit, je souris. Quelque chose tourne en boucle dans ma tête :
"Terradets, c'est pour les enfants, Roca Regina pour les hommes et Montrebei pour les super-mamies."
Merci les filles, vous êtes de vraies sources d'inspiration ; si seulement je pouvais être aussi capable de grimper à Montrebei à vos âges !