vendredi 13 février 2026

"Sang de crack"



Il y a ce genre de voies dont j'ai repéré la ligne, dont j'ai imprimé le topo et l'ai conservé soigneusement, ces itinéraires que je mets de côté dans un coin de ma tête pour un jour les proposer et aller les visiter accompagnée de client.e.s.
Un peu trop facile et pas assez aventureux pour des vacances en amoureux, motivant et juste assez exigeant pour une journée de travail... mais encore faut-il trouver compagne ou compagnon de cordée qui puisse suivre dans ce niveau et apprécier ce style de grimpe.
"Sang de crack" fait partie de ces voies là.

Un festival de fissures dans lesquelles il faut savoir se protéger dit le topo ; il n'en fallait pas moins pour me donner envie d'aller découvrir cette pépite !
Et puis le printemps et la belle saison de la grimpe en Espagne est passée sans que LA personne à qui proposer d'aller y balader nos friends ne se présente vraiment. Cet été, le caillou des Sierras Ibériques a un peu trop chauffé et j'ai pris davantage la direction des sentiers menant aux sommets.
Puis l'automne et les beaux jours aux températures parfaites sont arrivés, j'ai continué à gravir quelques grandes voies par ci par là sans que le hasard ne me mène à Collegats. Le temps passait et mon ventre s'arrondissait...





Alors au fil du temps, "Sang de crack" est devenue la voie parfaitement adaptée à une journée de vacances "pépères" ou plutôt "mémères" pour être plus exacte !

Et le topo disait vrai : des fissures de toutes tailles, de la cheminée, à la fissure large en passant par la fissure fine au fond d'un dièdre, tout ça sur fond de conglomérat, what else ?!

Une bien chouette ligne pour profiter de cette fin d'automne ensoleillé sur le rocher !

"Les guides s'exposent"... et pas seulement en montagne !

"Les guides s'exposent"... et pas seulement en montagne !


Photos, dessins, peintures, sculptures : Souvenirs de balades sur des cimes voisines ou de virées dans des contrées plus lointaines.
Rendez vous demain à 18h pour le vernissage à la Maison de la montagne à Argelès Gazost et les semaines suivantes pour venir jeter un oeil ou même deux à l'expo !


J'y ai apporté ma modeste contribution avec ces trois petites "oeuvres" :

Topo illustré Voie Ravier, Pilier de l'Embarradère, Aquarelles & collage
Gravure sur grès, Massif du Fitz Roy
Carnet de voyage, Totem Pole, Tasmanie, Encre & aquarelles



Caroux

Il y a ces petits coins qu'on aime bien...

Ces gorges, ces ruisseaux, ces paroies... Ces aiguilles, ce gneiss et ses cristaux, ces vieux pitons, la saison des châtaignes et les mouflons qui batifolent... Les bruyères en fleur et la lande rose ou les hêtraies aux couleurs d'automne...
Et puis il y a ces petits coins secrets, dalles bien plates où faire un somme au soleil, ce sentier à peine tracé qui n'apparaît sur aucune carte, cette voie peu parcourue ou cet abri de pierre à l'écart des regards des promeneurs...
Combien de nuits passées dans cette jasse centenaire et sous ces tonnes de cailloux en suspension précaire mais à l'architecture incroyablement audacieuse ?
Combien de nuits sous ce dôme parfait, tumulus contemporain au tapis de feuilles mortes moelleux et confortable aujourd'hui écroulé ?
Il y a ces petits coins qu'on aimait bien et ces souvenirs qui restent...

#vismaviedepetitegrosse


Qui a dit que l'escalade était une activité de maigrichonne ?!
En fait, il semblerait qu'il faille trouver l'équilibre entre la bonne inclinaison de devers pour apercevoir encore ses pointes de pieds se poser sur le rocher et que ça penche juste assez pour que les bras ne partent pas trop rapidement en fumée !
Avec ce baudrier de parachutiste, l'option de prendre un vol n'est quand même pas très encourageante. Aussi dans ma tête, les goujons et broches bétons se transforment tous en bons vieux pitons rouillés et à demi enfoncés... avec ça, c'est sûr, on fait en sorte de s'appliquer et de bien s'agripper au rocher : Interdit de chuter, le petit oisillon ne sait pas encore voler !
Merci aux poseurs de dégaines qui allégent un peu mon baudrier, au photographe pour la photo de profil, à Petzl pour le ouistiti pour adulte et à la boutique Patagonia montpellier pour les vêtements un peu plus grands !

Retour d'expérience et mise en garde avant l'hiver...

Durant quelques jours, l'hiver a fait mine de s'installer dans les Pyrénées... puis en fait pas, il est revenu un peu et reparti... Et puis on ne savait plus trop, on s'est dit que quelques glaçons auraient peut-être pu pousser par là-haut... Mélange de curiosité et d'impatience, envie de prendre l'air mais aussi de ressortir les piolets, nous sommes montés voir !
C'était vraiment pas terrible à grimper, pour tout dire assez moisi, mais le cirque était toujours aussi grandiose et nous avons passé une chouette journée SAUF QUE...

Ci dessous un petit récit écrit par Bruno (qui pour partager la mauvaise expérience et afin qu'elle serve à d'autres, voulait presque que je lui crée un compte FB (!!!!) Qui sait... ça aurait peut être inversé le changement climatique !)

"Fluide glacial, le bien nommé …
L’envie nous a pris hier d’aller jouer avec nos piolets à Gavarnie.
De multiple faits nous ont motivé à aller dans le cirque. Partager cette expérience à tous, taquiner le glaçon après une longue interruption, se dire que c’est dans les derniers partages à deux (après on sera un de plus !).

Nous avions eu une photo récente du cirque qui laissait apparaitre bien des lignes plutôt fournies. On quitte la maison à Tournay située à 315m, le thermomètre affiche – 1°. Sitôt sur le plateau, 4km plus loin à 450m, à Cieutat, on passe à +5° !!
Arrivés au Parking à 7h45, on se dit tous qu’il ne fait pas bien froid… Finalement on laisse les raquettes vers la fin de l’approche sur un gros bloc, tracer dans la neige ne les justifie pas. En fait on suit une trace qui nous mène directement au pied de la cascade. 
Tiens, d’autres ont été aussi inspiré ?!

Durant l’approche, des trucs se décrochent avec le fracas amplifié associé. Je me dis, "classique", c’est des épées qui ont poussé au plus fort de la nuit claire mais comme elles sont encore bien alimentées, elles se déstabilisent. Jako me signifie celles qui dans peu de temps vont être à notre aplomb plutôt inquiet ; de mon point de vue l’attache en rideau étant très large, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

C’est parti pour la première longueur. Tiens, les traces de nos prédécesseurs ne dépassent pas 3 m !! 
Effectivement, je me rends vite compte que la grimpe est délicate : croûte sur la neige récente à purger, ça sonne bien creux, on sent qu’un film d’eau coule à l’interface glace/rocher, les piolets rebondissent fréquemment sur le rocher et brocher est plutôt marginal !! Un stoppeur posé dans le rocher me rassure un peu, mais c’est surtout la vue de deux chaines au dessus de moi qui m’enlève le souci de monter un relais dans ce « mur de sorbet fondu » !
Au moment de commencer à assurer Lara, retentissent deux sinistres craquements juste à ma gauche. Elle s’est déjà engagée, mais l’intuition me dit qu’il faudrait écouter ces indices… poser le rappel et se sauver. Je n’en tiens pas compte … Pourquoi ? 
Sûrement pour la quête de l’inédit, parce que l’on est venu jusque là et qu’on a « investi » pas mal d’énergie, parce que c’est la première occaz de grimper en glace avec Jako, etc… (faits exposés plus haut)…

A propos, comme « c’est bien moisi », on a quand même convenu que les deux seconds ne grimperaient pas ensemble, et Jacques attends son tour en bas.
La décision, vu le contexte, de ne pas poursuivre est claire pour moi et je la leur cris.

On retourne sur le plancher des isards, chargeons nos sacs pour aller casse-crouter à l’Hôtel du cirque. Le plafond nuageux renforce l’impression de tiédeur. Tout en grignotant sur les murets de la terrasse, nous aurions pu ressentir un fluide glacial nous traverser. Ce n’est que le lendemain.matin, à la réception de cette photo que celui-ci me glacera !

Deux points me laissent mal à l’aise :
• Avoir fait fi de mon intuition
• Ne pas avoir su écouter les prémices d’un effondrement imminent associé à ces deux craquements
On pourrait très certainement supposer que nous sommes à l’origine de cet événement, exactement comme lors de déclenchement d’avalanche.

Bruno (30/11/25)"

Photo 1 : prise hier matin à l'approche
Photo 2 : prise hier vers 16h... (P. Fontanilles)




Fin de partie pour la guidette !


Après un été qui s'est étiré à l'infini et un automne bien rempli, ce coup-ci, je pose enfin ma casquette de guidette !
Mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre... 7 mois ! Aurais-je imaginé une si longue saison d'été et en étant tous les jours si bien accompagnée ?!
C'était bien chouette tout ça mais maintenant, c'est l'heure de se calmer un peu et juste profiter !
Décembre :
Fini de regarder dix fois par jour la météo, d'envoyer des messages à toutes heures et de remplir des tableaux de répartition de matériel collectif à rallonge, maintenant... place aux vacances !
"Vous allez enfin vous reposer !" a dit la sage femme.



On ressort chaussons un peu plus ajustés, baudrier à bretelles, camion et petit poêle à bois et on poursuit le soleil tout en découvrant qu'on peut avoir des super pouvoirs (si, si, pour de vrai, c'est écrit dans le livre !) !


"Avez-vous déjà vu ..."

 "Avez-vous déjà vu ... un koala, un chat, un kangourou et un cheval momifié dans une seule et même grotte ?"

Maintenant... Oui !




Allez viens, on emmène Mamie au Cirque !

Faire un selfie avec à la fois des edelweiss devant le nez et la brèche de Roland au dessus de la tête ?
Ce n'est pas tous les jours que ça arrive !


... Mais ce n'est pas non plus aussi improbable que de décider la veille à 23h à la sortie du ciné d'emmener sa petite maman faire une grande voie en montagne alors qu'elle ne fait pas d'escalade et qu'elle a peur du vide ! Pas plus aléatoire non plus que d'aller se balader en altitude alors que l'hiver s'est subitement installé en une seule nuit... Et ce n'est pas non plus aussi surprenant que de se retrouver là-haut toutes les deux ou devrais-je même dire presque "toutes ou tous les trois" !
Une petite course en montagne partagée à trois générations... pas sûr que l'occasion se représente de si tôt, aussi il fallait la saisir au vol !

C'est ainsi que nous voilà parties, frontales vissée sur la tête et bien emmitouflées dans nos grosses doudounes alors que le thermomètre affiche quelques degrés sous zéro ! Le jour se pointe alors que nous déambulons sous le Taillon et que le crux de la journée ne tarde pas à se présenter...

J'avais imaginé de la marche, de la grimpe, peut être des rappels ou de la désescalade, un pique-nique au soleil, ou en plein le vent si pas de chance, mais je n'avais pas anticipé que l'on puisse déjà rencontrer des cascades glacées au mois d'octobre et encore moins de s'y balader en solo et en petits baskets d'été !
Vue de l'extérieur, la scène aura peut-être pu paraître épique : une minuscule mamie, morte de trouille, tantôt à quatre pattes, tantôt les deux pieds pataugeant dans les vasques d'eau glacée, traînée au bout de la corde par une nana avec un gros ventre !
Quelle cordée !


Une fois, ce piège déjoué (et ce n'était pas gagné !!), il ne restait plus qu'à poursuivre notre chemin. Rejoindre le soleil, s'encorder, s'agripper au caillou, tout en espérant que l'ambiance se réchauffe un peu pour dégeler cette patinoire qu'il faudrait à nouveau franchir sur le chemin du retour !


Nous voici donc parties pour cinq longueurs le long de l'Arête Sud des Sarradets. Tantôt abritées du vent sur le caillou ensoleillé, tantôt secouées et frigorifiées par des rafales glaciales à l'ombre mais il en aurait fallu davantage pour nous démotiver. Un petit parcours d'arête en zigzaguant entre rochers et touffes d'edelweiss avec vue panoramique sur la belle brèche et sur le grand cirque !
Que demander de plus ?!


Voilà une belle manière de clôturer cet été interminable avec cette première journée hivernale en plein automne. D'une pierre trois coups, ce fut aussi une étonnante occasion de fêter les 70 ans de sa maman, tout en faisant une entrée fracassante dans le sixième mois au cœur du cirque !

... Maintenant, promis, pour les trois prochains mois, je glisse une paire de crampons dans mon sac pour les prochaines sorties !

vendredi 7 novembre 2025

Qui l'eut cru !?!

Qui l'eut cru !?!

Un ventre aussi large que la brèche... Une virée là-haut durant le sixième mois... Et sûrement une dernière sortie en mode estival en plein automne...

Par monts et par vaux... Par monts et merveilles...


Fin ou presque d'une longue saison d'été à parcourir les sommets, à guider chaque jour grimpeuses et grimpeurs émerveillé.e.s, à faire voyager alpinistes curieux et intrépides.

Deux, trois, quatre mois passés à batifoler dans tous les sens, à marcher beaucoup, à sauter la frontière parfois, à changer de vallée chaque jour, à rouler pas mal, à découvrir un nouvel itinéraire sur un sommet pourtant mille fois parcouru, à regrimper exactement là où l'on se trouvaient déjà la veille, à regarder (trop !) la météo, à faire des plans sur la comète et les voir tomber à l'eau, à être imaginative pour poursuivre le soleil toujours !

Un été exclusivement Pyrénéen à enchaîner les journées sur le rocher et les bivouacs sous les étoiles. Vagabonder là haut, redescendre, dormir et manger un peu, se reposer le temps d'une courte nuit et puis repartir de plus belle : tel a été le programme de l'été !
Et puis, rebondir sur chaque tout petit jour sans boulot pour aller rendre visite à quelques belles voies et grandes parois avec les copines, pour bricoler enduit, placo, lambris et compagnie à la maison ou pour fabriquer et remplir des fours de poteries... Un ou deux petits dessins par ci, par là et le planning finissait par définitivement déborder !










Et sinon... dans tout ce tumulte estival, il y eut aussi ce petit kangourou qui, s'installa tranquillement sous mon nombril profitant, chaque jour, de ces spectacles divers et variés...

De plus en plus à l'étroit sous un baudrier, à chaque fois et à voie, un peu plus serré, j'en connais un ou une qui est en train, l'air de rien, de se faire une jolie petite liste de courses Pyrénéennes à moindre frais !

•Vis ma vie de guidette•


Ça vaut peut-être le coup de vous la raconter celle-ci !

Me revoilà sur la voie normale de l'Ossau, accompagnée ce coup-ci de trois gars bien sympas.
Au pied de la deuxième cheminée alors que tout en marchant, j'ai déjà défait mes anneaux de buste et que je suis prête à bondir dans le ressaut suivant, un mec me grille sans même me dire... rien du tout !

Il commence à grimper où j'allais justement aller, je choisis alors une autre ligne en parallèle me disant que je déplacerai ma corde, une fois arrivée en haut, pour que mes clients bénéficient de la ligne la plus simple. Alors que je m'applique à grimper un peu vite et en solo, je l'entends dire :
"Vous savez que c'est interdit aux accompagnatrices ici !"

Je lui réponds poliment mais un peu sèchement que, oui, ça me paraît un peu trop technique comme terrain pour un AMM !
Quelques secondes plus tard, alors que je l'ai dépassé et que je suis revenue plus proche de lui, la corde me tire d'un coup sec vers le bas. Heureusement, je me cramponne fermement au rocher et ça tombe bien car il n'y a aucun point entre le sol et moi et que personne ne m'assure (comme c'est d'ailleurs bien souvent le cas lorsqu'on travaille !)
Je fais un mouvement de plus avant que ma corde ne semble complètement bloquée ce coup-ci. Je regarde en contrebas et je constate que mon cher voisin aplati délibérément ma corde sous son pied, tout en me faisant la morale sur les règles de civisme en montagne.
Je l'écoute d'une oreille et le laisse déblatérer jusqu'à ce qu'il veuille bien me laisser continuer à progresser.

J'atteins le relais avant qu'il me foute par terre pour de bon et assure mes clients lorsqu'il me rejoint et continue de m'expliquer la vie. Je lui réponds que j'ai un peu autre chose à faire que perdre du temps à discuter avec lui.

Il en rajoute encore une petite couche avant de continuer son chemin :
"En plus, vous n'avez que trois personnes à gérer alors que moi, je suis déjà venu ici avec 6 personnes."
"Ah... Vous êtes vous aussi accompagnateur de haute montagne amateur ?"
Aurai-je peut être dû lui répondre

Un été dans les Pyrénées...



Et puis, le soleil a traîné chaque jour un peu plus à se lever, les départs sont restés matinaux mais nous marchions parfois une heure ou deux à la frontale.

Aux petites heures du matin, il fallut désormais enfiler une veste puis deux, il devint nécessaire de se couvrir les oreilles et parfois d'emporter des gants, le froid piquait le nez de bon matin mais le soleil brûlait encore le dos en pleine journée.

Les feuilles des plants de myrtilles ont commencé à peu à peu rougir, les arbres commencèrent doucement à se dévêtir, les marmottes étaient devenues énormes et leurs petits intrépides se laissaient observer sans crainte.

Au fil des semaines, les tâches blanches qui parsemaient les versants disparurent une à une : les névés finirent par tous fondre et les moutons rentrèrent au bercail.
Le débit des énormes cascades se calma à vue d'œil puis les petits cours d'eau s'assèchèrent les uns après les autres. Il devint alors impossible de reremplir sa gourde en chemin et le sac s'en trouva par la même occasion encore un peu plus alourdi...

Ces approches parcoures des dizaines de fois parurent, tour à tour plus courtes ou toujours plus longues suivant la forme du jour, la fatigue accumulée les jours précédents ou le rythme du groupe. J'observais les cairns poussaient, les fleurs fanaient, les sentiers se labourer, certaines parties de pierriers se stabiliser.

Dans le sac, le choix du matériel finit par être sélectionné au plus juste pour ces classiques maintes fois fréquentées... pas un friends, pas un mousqueton de plus que nécessaire !
La liste des itinéraires découverts durant l'été s'allongeait, le nombre de personnes émerveillées que j'avais guidé, grandissait tout autant.

Sur le fil de ces arêtes, sur ces sentiers, dans ces faces, à ces relais, sur ces sommets, désormais, nous étions seul.e.s.
Les réserves d'eau comme de bières diminuaient dans les refuges mais les dortoirs devinrent plus calmes, les petits déjeuners moins bruyants et les gardiens plus relax : le calme retrouvé après la tempête estivale.

En fin d'après midi, il fallut hâter de plus en plus le pas afin de rejoindre la vallée sans ressortir nos loupiotes, la nuit arrivant chaque jour un peu plus tôt, un peu plus vite, un peu plus brutalement.
Les lumières du soir ont alors revêtu quelque chose de particulier, c'était comme plus doux, plus frais, plus calme...

Au bivouac, ça a commencé à cailler et j'ai souvent pensé qu'il était dommage de se geler les pieds toute une nuit alors que de si gros duvets bien garnis en plume dormaient tranquillement à la maison !
Au petit matin, le restant d'eau avait gelé dans la gamelle du réchaud et se remettre en mouvement demanda un peu plus d'énergie qu'habituellement.

À chaque petit coup de mauvais temps, la montagne blanchit alors de manière éphémère puis retrouva sa forme estivale dès les premiers rayons de soleil.
Bientôt au retour, d'une de ces journées là haut, on allumerait le poêle et durant l'une de ces longues soirées, je repenserai à cet été dans les Pyrénées.

Alléééé l'automne... Tu peux débarquer !

Un petit tour au cirque !


Une petite visite au grand Cirque... et toujours émerveillée !
Ses plis rocheux tortueux, sa brèche et sa tour, ses dalles et ses cascades, une montagne qui a quasiment retrouvé son calme après la tempête estivale et un petit saupoudrage blanc, accompagné de températures bien fraîches pour ajouter une jolie petite ambiance automnale !





Plan canicule !


Durant les derniers jours de grosse chaleur de l'été, nous avons activé le "plan canicule" :
Réveil matinal, approche au pas de course, quelques dès de melon frais dans un tupperware et une grosse face nord à dévorer !

J'avoue qu'à moitié réveillée, après avoir avalé les quelques 900 mètres de dénivelé en courant, lorsqu'à la sortie de la forêt, la face est apparue, je me demandais encore où pouvait bien passer l'itinéraire le plus logique là dedans !


Et puis de fil en aiguille, de vires en gendarmes, de couloirs en dalles et de cheminées en brèches, le tout en glanant quelques myrtilles ça et là, nous avons pris peu à peu de la hauteur, passant ainsi de l'ombre et de la fraîcheur de cette grande face nord au soleil matinal et au sentier de la voie normale en face Est.

Sommet de l'Ossau, petit goûter de 10h, belle vue et retour à la case départ juste avant les gouttes annoncées à la mi journée !